Illus­tra­tions

Cou­ver­ture
Cou­ver­ture

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Autour de l’affaire Gali­lée, in Revue d’histoire ecclé­sias­tique, vol. 109, 2014, n°3 – 4, pp. 895 – 907.

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Autour de l’affaire Galilée

Ouvrage ana­ly­sé

MAYAUD (Pierre‑Noël), Le conflit entre l’astronomie nou­velle et l’Écriture sainte aux XVIe et XVIIe siècles : un moment de l’histoire des idées autour de l’affaire Gali­lée. – Vol. 1 : Présenta­tion des dos­siers res­ti­tuant le conflit et arrière‑plan his­to­rique (biblio­gra­phie des ouvrages ana­ly­sés et notices bio­gra­phiques de leurs auteurs). – Vol. 2 : Dos­sier A : Extraits d’ouvrages exé­gé­tiques. – Vol. 3 : Dos­sier B : Extraits d’ouvrages astro­no­miques, phi­lo­so­phiques et autres. – Vol. 4 : Notes concer­nant les extraits des dos­siers A et B. – Vol. 5 : Index des cita­tions scrip­tu­raires, des auteurs cités et des thèmes. – Vol. 6 : Une ana­lyse du conflit. – Paris : Ho­noré Cham­pion édi­teur, 2005. – 6 vol. – (Biblio­thèque lit­té­raire de la Renais­sance ; 55).

Résu­mé

Cette ana­lyse cri­tique se pro­pose, dans un pre­mier temps, de recons­ti­tuer le rai­son­ne­ment apo­lo­gé­tique de l’au­teur et, dans un second temps, de l’é­va­luer cri­ti­que­ment. Ce rai­son­ne­ment nous semble pou­voir se syn­thé­ti­ser comme suit. L’Église, qui tenait que « tout ce qui est conte­nu dans l’Écriture doit être cru » tant que des rai­sons contrai­gnantes n’ont pas été avan­cées, a démon­tré, contrai­re­ment au seul exemple de condam­na­tion por­tée au nom de convic­tions reli­gieuses qui est le fait de l’antiquité païenne, qu’elle a été capable de renon­cer à la lettre de l’Écriture, avant l’«affaire Gali­lée », en accep­tant la sphé­ri­ci­té de la Terre et, après cette « affaire », en aban­don­nant le géo­cen­trisme, qui n’était pas seule­ment la façon de par­ler du « vul­gaire », mais celle de tous, au pro­fit de l’héliocentrisme en 1757. Mais elle l’a fait, dans un cas comme dans l’autre, à condi­tion que lui soit don­née une preuve valable, ce qui n’était pas le cas lors des évé­ne­ments de 1616 et 1633, comme en témoigne d’ailleurs le fait que les Coper­ni­ciens n’ont pas ces­sé d’avoir recours à la Bible et à des argu­ments de conve­nance. En revanche, en pré­sence de tels argu­ments, l’Église n’aurait pas hési­té à révi­ser son exé­gèse. Alors que le conflit entre l’astro­nomie nou­velle et l’Écriture sainte était poten­tiel­le­ment inévi­table dès l’apparition de l’héliocentrisme, car le nou­veau sys­tème cos­mo­lo­gique touche indi­rec­te­ment une ques­tion aus­si essen­tielle que le géo­cen­trisme anthro­po­cen­trique chré­tien, l’Église, mal­gré une pre­mière hési­ta­tion, a pu lais­ser libre cours à la nou­velle théo­rie durant une sep­tan­taine d’années. Sa condam­na­tion de l’héliocentrisme coper­ni­cien en 1616, qui n’est donc nul­le­ment la consé­quence ni d’une acte pré­ci­pi­té et irré­flé­chi de la part des Consul­teurs du Saint‐Office, ni d’une mécon­nais­sance de leur part des connais­sances scien­ti­fiques de l’époque, ni d’un dur­cis­se­ment consé­cu­tif au Concile de Trente et à la Réforme, ni la consé­quence d’une attaque de Gali­lée por­tée sur le ter­rain de la Bible à défaut de pou­voir être menée avec effi­ca­ci­té au niveau astro­no­mique, a été ren­due néces­saire par l’attitude de Gali­lée et témoigne du sou­ci de l’Église de sau­ver « les “tout‐petits du Christ” qui pou­vaient être atteints dans leur foi ». Une telle condam­na­tion, aujourd’hui inima­gi­nable en rai­son d’une sépa­ra­tion des savoirs dont il faut bien se rap­pe­ler qu’elle n’était aucu­ne­ment de mise lors de ces évé­ne­ments, aurait sans doute pu être évi­tée si l’Église avait tiré les leçons du pre­mier conflit (celui de la sphé­ri­ci­té de la Terre), en pre­nant conscience de l’historicité du texte biblique, au lieu d’occulter quelle était la véri­table cos­mo­lo­gie biblique. 

Abs­tract

This cri­ti­cal ana­ly­sis endea­vours, ini­tial­ly, to recons­truct the author’s apo­lo­ge­tic rea­so­ning, and sub­se­quent­ly, to eva­luate it cri­ti­cal­ly. From our pers­pec­tive, his ratio­nale can be sum­ma­ri­sed in the fol­lo­wing man­ner. The Church, which main­tai­ned that “eve­ry­thing contai­ned within the Scrip­tures must be belie­ved” until coun­te­red by suf­fi­cient­ly com­pel­ling argu­ments, had demons­tra­ted, contra­ry to the only ins­tance of a convic­tion on reli­gious grounds by the pagan anti­qui­ty, that it was capable of going against the lite­ral inter­pre­ta­tion of God’s Word. This had occur­red before the “Gali­leo affair”, by accep­ting the sphe­ri­cal shape of the Earth, and after this “affair” in 1757, by adop­ting helio­cen­trism over geo­cen­trism, which had not only been pre­valent in the lan­guage of the “com­mon people”, but in that of eve­ryone. In both cases, howe­ver, the Church’s deci­sion was made after having been pro­vi­ded with suf­fi­cient evi­dence, which was not the case when it came to the events of 1616 and 1633, as evi­den­ced by the fact that the Coper­ni­cans conti­nued to rely on the Bible and on argu­ments of conve­nience. Had such proof been pro­vi­ded, the Church would not have hesi­ta­ted to revise its exe­ge­tic stance. Although the clash bet­ween the new astro­no­my and the Holy Scrip­tures was poten­tial­ly inevi­table from the onset of helio­cen­trism since the new cos­mo­lo­gi­cal sys­tem indi­rect­ly tou­ched on a ques­tion as fun­da­men­tal as Chris­tian anthro­po­cen­tric geo­cen­trism, the Church, des­pite ini­tial reser­va­tions, gave free rein to this novel theo­ry for around 70 years. Its condem­na­tion of Coper­ni­can helio­cen­trism in 1616 — which was thus by no means due to a has­ty or care­less act com­mit­ted by the consul­tants of the Holy Office, nor was it due to a lack of unders­tan­ding when it came to the scien­ti­fic know­ledge of their era, nor to a stif­fe­ning of the rules fol­lo­wing on from the Coun­cil of Trent and the Refor­ma­tion, and even less to a conse­quence of Galileo’s attack on the Scrip­tures as not capable of being effec­ti­ve­ly applied on an astro­no­mi­cal level — was neces­si­ta­ted by Galileo’s atti­tude, reflec­ting the Church’s concern for saving “Christ’s ‘lit­tle chil­dren’ who might be sha­ken in their faith”. Such a condem­na­tion, uni­ma­gi­nable today due to the divi­sion of know­ledge which, it is worth noting, had not yet been esta­bli­shed at that time, could per­haps have been avoi­ded had the Church learnt its les­son from the first conflict (concer­ning the sphe­ri­cal shape of the Earth). This would have invol­ved reco­gni­sing the his­to­ri­ci­ty of the bibli­cal text ins­tead of concea­ling that which consti­tu­ted true bibli­cal cosmology.