Livre ana­ly­sé

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Compte ren­du de « Sciences et reli­gions de Coper­nic à Gali­lée (1540−1610): actes du col­loque inter­na­tio­nal, Rome, 12 – 14 décembre 1996 », in Revue des ques­tions scien­ti­fiques, vol. 172, 2001, n°3, pp. 307 – 308.

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Sciences et religions de Copernic à Galilée (1540−1610)

Actes du colloque international […], Rome 12 – 14 décembre 1996

Sciences et reli­gions de Coper­nic à Gali­lée (1540−1610) : actes du col­loque inter­na­tio­nal […], Rome 12 – 14 décembre 1996 / col­loque orga­ni­sé par l’École fran­çaise de Rome, en collabo­ration avec l’École natio­nale des chartes et l’Istituto ita­lia­no per gli stu­di filo­so­fi­ci, avec la par­ti­ci­pa­tion de l’Università di Napo­li « Fede­ri­co II ». – Rome : École fran­çaise de Rome, 1999. – 550 p. – (Col­lec­tion de l’École fran­çaise de Rome ; 260). 

Époque char­nière entre le moyen âge, où le poids de la théo­lo­gie rend dif­fi­cile l’émer­gence d’autres champs du savoir, et les temps modernes, qui consacrent la sépa­ra­tion de la science et de la reli­gion dans des registres dif­fé­rents, la Renais­sance appa­raît tout à fait pro­pice à l’étude des croi­se­ments entre sciences et reli­gions. Aus­si est‐il appa­ru particu­lièrement judi­cieux à l’École fran­çaise de Rome de consa­crer un col­loque à Sciences et re­ligions de Coper­nic à Gali­lée dont les actes regroupent une bonne ving­taine de communi­cations pré­sen­tées en fran­çais, en anglais et en ita­lien. Encore faut‐il ne pas se lais­ser abu­ser pas le titre de ce volume dans lequel, fina­le­ment, il sera fort peu ques­tion de Coper­nic et, presque pas, de Gali­lée. Les orga­ni­sa­teurs de ce col­loque ont en effet tenu à pri­vi­lé­gier les figures moins célèbres au détri­ment de celles qui font déjà l’objet de dos­siers bien do­cumentés. Visant donc à étu­dier le pro­ces­sus de sépa­ra­tion entre sciences et reli­gions qui est à l’œuvre dans l’Europe de la Renais­sance, ils ont répar­ti leurs tra­vaux en trois par­ties prin­ci­pales. La pre­mière, inti­tu­lée « la nais­sance du trouble », cherche à retra­cer la pro­gressive remise en ques­tion de ce sys­tème aris­to­té­li­cien qui avait don­né son uni­té à l’Eu­rope médié­vale et avait main­te­nu, avec la syn­thèse tho­miste, sciences et reli­gion dans un même ordre du savoir (il y sera notam­ment ques­tion de la théo­rie aris­to­té­li­cienne de la science à la Renais­sance ; de B. Per­ey­ra, P. Fon­se­ca et Fr. Suá­rez ; de l’« héré­sie » héliocen­trique ; de l’anatomie pro­tes­tante, ou encore des mis­sion­naires jésuites du Bré­sil). La deu­xième par­tie, « l’arsenal des réponses », s’attache à mettre en lumière la diver­si­té des stra­tégies mises en œuvre par les ins­ti­tu­tions pour répondre à cette crise intel­lec­tuelle (les pro­fes­seurs de Kepler, l’Accademia dei Lin­cei, la Socié­té de Jésus, et les mathé­ma­tiques à la lueur des édu­ca­tions catho­liques et pro­tes­tantes). La der­nière par­tie, « par­cours d’ac­teurs », donne avec rai­son la parole à tous ces hommes pour les­quels la ques­tion des rap­ports entre sciences et reli­gions a consti­tué un sou­ci quo­ti­dien étant don­né leur métier ou leur posi­tion sociale (Palin­ge­nius, Milles de Nor­ry, M. A. Seve­ri­no, Melanch­thon etc.). En­fin, une qua­trième par­tie reprend cer­taines inter­ven­tions pré­sen­tées lors de la table ronde conclu­sive (on s’étonnera d’y trou­ver un article, au demeu­rant fort inté­res­sant, de Frank Les­trin­gant qui aurait, semble‐t‐il, dû figu­rer dans le corps du volume). Cet ouvrage col­lec­tif, riche, varié, bien conçu et édi­té avec soin, consti­tue sans nul doute une contribu­tion ori­gi­nale et impor­tante à l’histoire des rela­tions entre sciences et religions.