Références
Facchin (Loris) – Gaillet (Alexis), Croyances et facteurs psychologiques après reconstruction du LCA chez le sportif : élaboration de profils psychologiques / mémoire présenté en vue de l’obtention du titre de master en kinésithérapie sous la direction de Dorian Plaisant, promoteur, et de Jean‐François Stoffel, copromoteur. – Montignies‐sur‐Sambre : Haute école Louvain‐en‐Hainaut ; Sciences de la motricité, 2025. – 76 p., xxxii.
Loris Facchin & Alexis Gaillet
Croyances et facteurs psychologiques après
reconstruction du LCA chez le sportif
Élaboration de profils psychologiques
Résumé
Objectif. — Chaque patient vit sa blessure de manière particulière. Aussi ses représentations, ses croyances, ses peurs ainsi que son vécu émotionnel influencent fortement la manière dont il s’engage dans sa rééducation. Le rôle du kinésithérapeute devient alors central, non seulement dans la gestion des paramètres biomécaniques, mais également dans l’accompagnement psychologique de son patient. C’est assurément une règle générale. Mais ne peut‐on pas être plus précis en identifiant, parmi les profils psychologiques retrouvés de manière récurrente chez les patients ayant subi une reconstruction du LCA, celui qui, du point de vue de l’accompagnement psychologique, devrait bénéficier d’une attention plus spécifique ?
Méthodes. — Pour identifier ces différents profils, nous avons élaboré un questionnaire comportant des données sociodémographiques et des questions psychologiques validées, tirées de l’ACL-RSI et de nous‐mêmes. L’analyse statistique par classification nous a permis de regrouper les patients en différents groupes en fonction de leurs réponses psychologiques et ainsi d’identifier les variables sociodémographiques influençant leur état mental. À la suite du recrutement et de la mise en place des critères d’exclusion et d’inclusion (avoir entre 18 et 65 ans, être à moins de 2 ans postopératoires, pratiquer au moins 2h30 de sport par semaine et ne pas avoir repris son activité sportive suite à sa rééducation), 76 sujets ont été répartis selon la méthode d’analyse ascendante hiérarchique en quatre groupes (respectivement n=17, n=19, n=28 et enfin n=12). Pour chaque groupe, nous avons en plus effectué un entretiens semi‐dirigé avec chacun des deux représentants de ce groupe.
Résultats. — Le groupe 1 a été identifié comme le groupe avec les données psychologiques les plus faibles (8 données sur 9). Au contraire, le groupe 3 a été désigné comme le groupe avec les données psychologiques les plus importantes (7 données sur 9). Grâce à la confrontation de chaque groupe, nous avons pu déterminer que certaines données démographiques sont plus susceptibles de provoquer de moins bons scores psychologiques : un sexe féminin, des complications/lésions fréquentes, une durée postopératoire supérieure à la moyenne, et enfin un recrutement sur les réseaux sociaux. À l’inverse, nous avons pu relever des facteurs offrant de meilleurs résultats psychologiques, à savoir : le sexe masculin, une durée postopératoire en dessous de la moyenne de reprise du sport, un recrutement sur le lieu de soin et un faible taux de complications ou lésions associées.
Conclusion. — À l’aide des caractéristiques observées, nous savons maintenant préciser le profil des patients qui pourraient être davantage à risque psychologiquement et qui devraient donc davantage retenir l’attention des kinésithérapeutes. Informés de ces caractéristiques, ceux‐ci pourront alors plus facilement leur proposer une aide complémentaire. Inversement, nous connaissons dorénavant le profil contraire de ceux qui, présentant de meilleurs scores psychologiques, pourraient se contenter d’une attention usuelle.
