Livre ana­ly­sé

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Compte ren­du de A. Roma­no (éd.), « Rome et la science moderne entre Renais­sance et Lumières », in Revue d’histoire ecclé­sias­tique, vol. 109, 2014, n°1, pp. 488 – 489.

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Études réunies par Antonella Romano

Rome et la science moderne

Entre Renaissance et Lumières

Rome et la science moderne : entre Renais­sance et Lumières / études réunies par Anto­nel­la Roma­no. – Rome : École fran­çaise de Rome, 2008. – 751 p. – (Col­lec­tion de l’École fran­çaise de Rome ; 403).

Étu­dier Paris ou Londres comme lieux por­teurs de la moder­ni­té scien­ti­fique ou bien Rome comme capi­tale plu­ri­sé­cu­laire de la seule science digne de ce nom avant la révo­lu­tion scien­ti­fique, à savoir la théo­lo­gie, voi­là qui est conve­nu. Mais se pro­po­ser de véri­fier l’existence d’une Rome savante à l’époque moderne, voi­là qui est dou­ble­ment auda­cieux : et par le lieu et par l’époque. Si l’essor de la moder­ni­té scien­ti­fique dans un cadre pro­tes­tant a bel et bien été éta­bli par Robert K. Mer­ton, Rome, en revanche, ne reste‐t‐elle pas le lieu para­dig­ma­tique de l’incompatibilité essen­tielle entre science moderne et catho­li­cisme ? Qui plus est, du moins selon l’historiographie tra­di­tion­nelle, la ville éter­nelle n’a‑t-elle pas jeté, en matières cultu­relles, ses der­niers feux à l’âge de l’humanisme ? Tel est pour­tant le défi ris­qué que s’est pro­po­sé Anto­nel­la Roma­no, his­to­rienne par­ti­ci­pant au désen­cla­ve­ment de l’histoire jésuite, ain­si qu’en témoigne une mono­gra­phie qui a désor­mais pris date (cf. R.H.E., vol. 96, 2001, n°3 – 4, pp. 638 – 639).

Mal­gré la sub­ti­li­té déployée par l’éditrice pour fon­der son objet d’étude et la volon­té affi­chée de délais­ser cer­tains thèmes (les Jésuites et les Aca­dé­mies) pour tra­vailler ceux qui le sont beau­coup moins (l’hôpital plu­tôt que l’université, les savoirs anti­quaires de pré­fé­rence à la phy­sique et aux mathé­ma­tiques, le pro­cès inqui­si­to­rial du petit typo­graphe pré­fé­ren­tiel­le­ment à celui du grand savant…), force est de consta­ter l’hétérogénéité de ce volume qui n’est peut‐être que le reflet de l’hétérogénéité de Rome elle‐même. Il n’en demeure pas moins que cet impo­sant volume, regrou­pant (en fran­çais ou en ita­lien) 19 contri­bu­tions consa­crées à la culture scien­ti­fique en milieu romain entre les XVIe et XVIIIe siècles, com­porte quelques contri­bu­tions sus­cep­tibles d’intéresser les lec­teurs de la R.H.E. Signa­lons par­ti­cu­liè­re­ment : Ele­na Bram­billa, Manua­li d’esorcismo, cano­ni di san­ti­tà e nuo­va scien­za (fine ‘600 – pri­mo ‘700) : indice e Sant’Uffizio tra neos­co­las­ti­ca spa­gno­la e influenze car­te­siane ; Paria Pia Dona­to, Scien­za e teo­lo­gia nelle congra­ga­zio­ni romane : la ques­tione ato­mis­ta ; Fede­ri­ca Favi­no, Uni­ver­si­tà e scien­za : la « grande rifor­ma » del­la Sapien­za di Bene­det­to XIV et enfin Gio­van­ni Piz­zo­rus­so, Tra cultu­ra e mis­sione : la Congre­ga­zione « de Pro­pa­gan­da Fide » e le scuole di lin­gua ara­ba nel XVII seco­lo.

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