Livre analysé
Références
Stoffel (Jean‐François), Compte rendu de D. Lambert, « L’itinéraire spirituel de Georges Lemaître », in Studium : revue d’histoire des sciences et des universités, vol. 7, 2014, n°1, pp. 62 – 63.
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Dominique Lambert
L’itinéraire spirituel de Georges Lemaître
Suivi de « Univers et atome », conférence inédite de G. Lemaître
Lambert (Dominique), L’itinéraire spirituel de Georges Lemaître, suivi de « Univers et atome », conférence inédite de G. Lemaître. – Bruxelles : Éditions Lessius, 2007. – 222 p. – (Au singulier ; 16).
Initiées en 1994 à l’occasion du colloque Mgr Georges Lemaître, savant & croyant, les recherches menées par D. Lambert sur le désormais célèbre père de la théorie de « l’atome primitif » atteignent, avec ce volume, une finesse d’analyse remarquable et une plus juste évaluation des limites de la position du chanoine belge à l’égard de l’articulation de la science et de la foi, qualités qui viennent se rajouter à une écriture limpide et à une information parfaitement maîtrisée. Désormais, notre connaissance du cheminement intellectuel et spirituel de Lemaître durant la Première guerre mondiale (chap. 2) est complètement renouvelée grâce à la prise en compte de sa correspondance, étonnante, avec Joris Van Severen qui lui fit découvrir, autre découverte surprenante, l’œuvre de Léon Bloy. Dorénavant, essentiellement sur base de cette même nouvelle source documentaire, le manuscrit intitulé Les trois premières paroles de Dieu (1921) n’apparaît plus comme un simple exercice d’exégèse, mais comme une source profonde d’inspiration et de stimulation pour ses travaux techniques qui, bien que discrète, n’en demeurera pas moins longtemps opérante, sans pour autant porter le moindre préjudice au caractère strictement scientifique de son hypothèse de l’atome primitif (chap. 3). Maintenant, à travers les relations entre Lemaître et les Amis de Jésus, ce sont des pans méconnus de l’histoire de l’Église belge qui émergent (chap. 4), comme se manifeste, à travers son accompagnement des étudiants chinois, la figure inspiratrice du P. Vincent Lebbe (chap. 5). Aujourd’hui, au sortir de cette période qualifiée d’accidentellement concordiste, mais qui se révéla néanmoins scientifiquement féconde comme nous l’avons rappelé, ce qui est désormais la posture de Lemaître, à savoir la « thèse des deux chemins », est subtilement retracé, et même interrogé, en distinguant les attitudes divergentes adoptées par celui‐ci dans le domaine de rencontre avec la foi, d’une part, de la cosmologie physique et, d’autre part, des sciences anthropologiques. Posture difficile, car à mettre la foi à l’abri de la science et la science à l’abri de la foi, le risque peut se présenter, par cette séparation radicale de l’immanence et de la transcendance, de priver la foi de tout fondement naturel (chap. 6 et 7). En final, D. Lambert nous propose une comparaison suggestive entre l’itinéraire spirituel de Lemaître et celui de deux autres scientifiques croyants : Pierre Teilhard de Chardin et, avec plus de bonheur et de profondeur, Blaise Pascal (chap. 8). On l’aura compris : à celui qui veut découvrir Lemaître, il n’y a qu’un nom qui s’impose !
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