Livre analysé
Références
Stoffel (Jean‐François), Compte rendu de A. Kremer‐Marietti, « Philosophie des sciences de la nature », in Revue philosophique de Louvain, vol. 98, 2000, n°2, pp. 411 – 412.
Téléchargement
Angèle Kremer‐Marietti
Philosophie des sciences de la nature
Kremer‐Marietti (Angèle), Philosophie des sciences de la nature. – Paris : Presses universitaires de France, 1999. – viii, 279 p. – (L’interrogation philosophique).
Dans cette monographie d’une grande érudition, mais nullement pesante, A. Kremer‐Marietti, en philosophe des sciences, se propose, dans une perspective philosophique, de saisir « les démarches qui sous‐tendent le discours scientifique », mais « tout en respectant l’histoire des sciences » (p. 3). Son exposé, au cours duquel elle renvoie fréquemment à l’histoire ultérieure de la science et de la philosophie (même la plus contemporaine), suivra donc un ordre chronologique. Après un premier chapitre, très dense, consacré à « Aristote et la philosophie des sciences », et qui envisage également les prolongements médiévaux de l’aristotélisme, elle nous fait assister à l’«émergence de la science moderne ». Il s’agit en fait, de Platon à Kant, d’une histoire de la cosmologie, d’inspiration comtienne, qui pourrait davantage servir de préliminaire à un ouvrage de philosophie de la nature (on y remarquera la phrase suivante : « les progrès de l’astronomie prouvent que la science moderne, dont Galilée est souvent présenté comme le champion, confirme dans la plupart des cas le projet antique de sauver les apparences » [p. 93]). Dans « philosophies de la science positive » (nous soulignons), elle expose la pensée de quelques auteurs dont il importe de mentionner les noms : Francis Bacon, Auguste Comte, Claude Bernard et Pierre Duhem, qui, assurément, ne peut être qualifié de « positiviste » qu’à condition de méconnaître la portée réaliste de sa théorie de la classification naturelle. L’ouvrage se termine par les « philosophies scientifiques du XXe siècle », chapitre consacré principalement à A. Einstein, à la mécanique quantique, et à une thématique de philosophie de la nature, à savoir le problème du temps. En dépit de la généralité de son titre, cette monographie, dont les lignes de faîtes ne transparaissent pas aisément, s’adresse à un public averti.
Recherche
