Livre analysé
Références
Stoffel (Jean‐François), Compte rendu de M. A. Finocchiaro, « The Routledge guidebook to Galileo’s Dialogue », in Revue d’histoire ecclésiastique, vol. 112, 2017, n°3 – 4, pp. 1012 – 1013.
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Maurice A. Finocchiaro
The Routledge guidebook to Galileo’s « Dialogue »
Finocchiaro (Maurice A.), The Routledge guidebook to Galileo’s « Dialogue ». – London ; New York : Routledge, 2014. – xviii, 357 p. – (The Routledge guides to the great books). – 13 x 20 cm – Broché – 23 € – ISBN 978−0−415−50368−6.
Ce chef d’œuvre de la pensée scientifique qu’est le Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo (1632) de Galilée constitua aussi le casus belli qui devait conduire, l’année suivante, à la célèbre condamnation de l’astronome florentin par l’Église catholique. Aussi intéressés par ce procès qui conserve encore aujourd’hui une valeur exemplaire dont il faut tenir compte dans l’établissement d’une articulation entre discours scientifique et discours religieux, nombre d’historiens, de philosophes ou de théologiens auront sans doute à cœur de lire, totalement ou du moins partiellement (c’est essentiellement la lecture de la première « journée » qui s’impose), cet ouvrage qui contribua également à modifier radicalement notre rapport au monde, à Dieu et à nous‐mêmes. Ils ont bien sûr raison : rien ne peut remplacer le contact direct avec les sources et les textes originaux. Toutefois, il ne suffit pas de lire pour forcément comprendre : outre la technicité du propos, bien des difficultés méthodologiques — sur lesquelles a particulièrement insisté ce « maître de lecture » qu’était A. Koyré — peuvent faire obstacle à une juste compréhension du texte, telles que le recours anachronique à la notion de précurseur ou la difficulté de mettre entre parenthèses notre savoir pour retrouver celui de l’auteur étudié. Cela reste vrai même pour une œuvre aussi connue et aussi « accessible » que le Dialogo. Il est donc particulièrement heureux que M. A. Finocchiaro, qui est non seulement un spécialiste reconnu du savant florentin, mais encore un auteur qui se démarque par sa capacité à produire des exposés particulièrement clairs et réfléchis (cf. R.H.E., vol. 109, 2014, n°3 – 4, pp. 1078 – 1081), se soit attaché à nous proposer le guide de lecture dont il est ici question. Entouré par deux parties, d’environ une cinquantaine de pages chacune, plutôt destinées aux débutants et consacrées respectivement aux préliminaires intellectuels et historiques nécessaires à la lecture du Dialogo (partie I) et à certains aspects scientifiques, méthodologiques et rhétoriques de celui‐ci (partie III), le cœur de l’ouvrage, soit plus de 180 pages qui peuvent être lues de manière indépendante, est constitué par la reconstitution, selon les quatre jours de l’œuvre, de l’argumentation principale qui s’y trouve développée (partie II). Visant à ne rien négliger d’essentiel tout en se débarrassant des digressions inutiles, cette reconstitution cherche constamment à améliorer encore davantage la clarté du texte galiléen, notamment en rendant explicites les hypothèses cachées ou les informations dont la connaissance est présupposée. Si les références des textes commentés renvoient principalement à différentes traductions anglaises, une table de concordance permet toujours de retrouver le passage équivalent dans l’édition de référence — celle d’A. Favaro — et, par ce biais, dans l’unique traduction française dont nous disposions — celle de R. Fréreux. Avant de clore cette recension, nous souhaiterions émettre un souhait qui nous tient à cœur dans la mesure où il concerne le programme de recherche que nous poursuivons depuis près de 20 ans. Contre D. Danielson qui, bien après nous, a soutenu, en 2009, que l’interprétation traditionnelle de la révolution copernicienne était en réalité anachronique dans la mesure où elle attribuait au centre du cosmos une connotation éminemment positive que celui‐ci ne possédait pas encore, Finocchiaro fait remarquer, à juste titre, qu’en réalité, l’époque de Galilée se caractérisait par une attitude ambivalente quant à l’appréciation qualitative d’un tel centre. Il en déduit que la critique de Danielson ne prend en compte qu’un seul aspect de cette attitude (cf. pp. 310 – 311) et — on le devine — celui qui paraît le moins intéressant et le moins prometteur. Il serait opportun que le savant commentateur de Galilée prenne en considération les travaux plus informés qui, tout en maintenant la critique de Danielson, assument l’intégralité de l’ambivalence qu’il a justement rappelée. Il en va d’une plus juste compréhension de notre rapport au monde. Cette petite réserve mise à part, nous sommes indubitablement en présence d’un ouvrage indispensable à tous ceux, néophytes ou experts, qui veulent être accompagnés dans leur lecture de cette œuvre dont les retombées ont dépassé le seul domaine de la science.
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