Livre ana­ly­sé

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Compte ren­du de Fr. de La Mothe Le Vayer, « Dia­logues faits à l’imitation des Anciens », in Revue phi­lo­so­phique de Lou­vain, vol. 115, 2017, n°3, p. 531. 

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François de La Mothe Le Vayer

Dialogues faits à l’imitation des Anciens

La Mothe Le Vayer (Fran­çois de), Dia­logues faits à l’imitation des Anciens / édi­tion cri­tique par Bru­no Roche. – Paris : Hono­ré Cham­pion édi­teur, 2015. – 666 p. – (Libre pen­sée et lit­té­ra­ture clan­des­tine ; 60).

Figure mar­quante du liber­ti­nage éru­dit fran­çais, membre, avec E. Dio­da­ti, P. Gas­sen­di et G. Nau­dé, de la « Tétrade », nour­ri au lait des Anciens et sur­tout des scep­tiques, pour­fen­deur de toutes les formes de dog­ma­tisme, par­ti­san réso­lu du rela­ti­visme his­to­rique, incli­nant à l’athéisme, La Mothe Le Vayer (1588−1672) est assu­ré­ment un per­son­nage com­plexe et ambi­va­lent, puisqu’il fut aus­si, entre autres choses, sub­sti­tut du pro­cu­reur géné­ral au par­le­ment de Paris, secré­taire du car­di­nal de Riche­lieu, char­gé de l’éducation du frère cadet du roi, aca­dé­mi­cien et his­to­rio­graphe de France. Publiés en 1630 puis, dans une ver­sion aug­men­tée, vers 1632 – 1633, les pré­sents Dia­logues avaient déjà été réédi­tés, par les soins d’André Pes­sel en 1988, dans la célèbre col­lec­tion du « Cor­pus des œuvres de phi­lo­so­phie en langue fran­çaise ». Basée sur l’édition de 1632 – 1633, décrite comme « la plus com­plète, la plus moderne et la plus radi­cale » (p. 35), la pré­sente édi­tion se dis­tingue de celle de Pes­sel par la moder­ni­sa­tion des noms anciens et de l’orthographe, ain­si que par la tra­duc­tion sys­té­ma­tique des cita­tions grecques et latines. Cette der­nière indi­ca­tion n’est pas ano­dine : le nombre de cita­tions et de réfé­rences aux textes anciens est à ce point impor­tant qu’on a pu sou­te­nir que La Mothe Le Vayer n’était qu’un labo­rieux com­pi­la­teur ayant « plus de mémoire que d’esprit » (p. 25). Contre un tel juge­ment, l’éditeur sou­tient que cette abon­dance, par­fois pesante, de cita­tions rap­por­tées avec exac­ti­tude fait par­tie inté­grante de sa stra­té­gie de « sédi­tion liber­tine » (p. 26). La pré­sente édi­tion se démarque éga­le­ment de celle de Pes­sel par l’ajout de notes expli­ca­tives (à vrai dire peu nom­breuses), puisque de telles notes étaient tout sim­ple­ment pros­crites par les prin­cipes édi­to­riaux du « Corpus ».