Livre analysé
Références
Stoffel (Jean‐François), Compte rendu de D. Lecourt (éd.), « Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences », in Revue des questions scientifiques, vol. 171, 2000, n°1 – 2, pp. 176 – 177.
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Publié sous la direction de Dominique Lecourt
Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences
Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences / publié sous la direction de Dominique Lecourt. – Paris : Presses universitaires de France, 1999. – xxii, 1032 p.
Convaincu que l’histoire constitue bien souvent la meilleure voie pour atteindre « les réalités de la pensée scientifique » et pour accéder jusqu’à la signification des concepts qu’elle a progressivement formés, le présent dictionnaire allie résolument histoire et philosophie des sciences. Comportant près de 450 entrées prises en charge par plus de 160 auteurs différents (essentiellement de nationalité française), il fait — à juste titre — la part belle aux thèmes et aux concepts, lesquels font l’objet de véritables articles, tandis que les individus (totalisant seulement 150 entrées) n’ont droit qu’à de simples notices. Considérant que la pensée scientifique ne se réduit ni aux savants ni aux concepts, mais est également tributaire envers les sociétés et organismes qui ont pu promouvoir et orienter la recherche scientifique, il consacre également 7 rubriques à de telles institutions, dont l’Institut Pasteur, l’Institut Rockefeller, le Muséum national d’histoire naturelle ou la Royal Society. Chaque contribution se termine par une bibliographie de la littérature primaire et secondaire. Un système de renvois internes assure l’interaction des différentes rubriques. Un index rerum et un index nominum d’occurrences choisies complètent le volume.
La confection d’un bon dictionnaire constitue une entreprise particulièrement délicate. Aussi faut‐il savoir gré à D. Lecourt d’avoir osé ce projet, de l’avoir mené à bien, et ce d’autant plus que, jusqu’à ce jour, un tel instrument nous faisait défaut en langue française. Bien que très satisfaisante, sa réalisation n’est cependant pas parfaite. Reconnaissons d’emblée que la dernière catégorie, tout en contribuant à mieux cerner les réalités de la recherche scientifique (si pas de la pensée scientifique), peut apparaître comme le parent pauvre de ce dictionnaire. Il est d’ailleurs permis de se demander s’il était vraiment judicieux de vouloir évoquer ces réalités sociales de la science (à savoir ses milieux, ses réseaux et ses institutions) dès lors qu’un tel sujet ne pouvait être correctement traité au sein de ce volume et qu’il mériterait d’ailleurs, à lui seul, de faire l’objet d’un dictionnaire spécifique. Comment en effet faire l’impasse sur les cours savantes, sur les lieux d’enseignement, sur les éditeurs, sur les observatoires et les laboratoires, sur les périodiques, sur les ordres religieux…? De ce point de vue, l’approche adoptée par le récent dictionnaire critique de La science classique (XVIe-XVIIIe siècle) nous semble plus heureuse et plus cohérente.
D’un dictionnaire, le lecteur attend sans doute des entrées appropriées, des définitions précises, des renseignements factuels sur l’apparition et l’évolution du mot ou du concept traité, et enfin une bibliographie pertinente et mise à jour qui lui permettra de poursuivre ses investigations. La plupart du temps, ce dictionnaire lui donnera grande satisfaction. Notons cependant que certains thèmes auraient sans doute dû faire l’objet d’une entrée individuelle (ainsi en est‐il de la célèbre « thèse Duhem‐Quine », qui a fait l’objet d’une littérature pour le moins abondante ; elle se trouve certes évoquée à « Duhem » — sans que n’y transparaisse toutefois sa portée holistique —, mais c’est à « expérience » qu’on la trouvera heureusement exposée ; songeons également à « anthropocentrisme », à « cosmologie » — partiellement remplacé par « univers » —, à « mathématisation » ou à la célèbre formule platonicienne « sauver les phénomènes »). Quant aux articles eux‐mêmes, leur valeur — excellente lorsqu’ils sont le fait de spécialistes — n’est pas toujours égale : certains manquent de densité, d’autres, à trop vouloir tracer l’histoire du concept qu’ils abordent, auraient tendance à oublier de le définir (on gagnerait par exemple à distinguer énergétique d’énergétisme et à conserver la distinction entre phénoménisme et phénoménalisme). Quant aux orientations bibliographiques, elles sont parfois démodées et guère pertinentes, jusqu’à ignorer complètement les publications de référence (cf. notamment « Bruno », « Duhem », « héliocentrisme », « Kepler », « Koyré », « Meyerson » et « principe anthropique »). Il sera toutefois aisé de remédier à ces quelques imperfections. Pour l’heure, réjouissons‐nous de pouvoir enfin disposer d’un tel instrument de travail.
À côté du Vocabulaire technique et critique de la philosophie d’A. Lalande, de l’Encyclopédie philosophique universelle, et de La science classique (XVIe-XVIIIe siècle) : dictionnaire critique édité par M. Blay et R. Halleux, le présent dictionnaire devra figurer dans la bibliothèque de tous ceux qui s’intéressent à la science, à son histoire et à ses interprétations.
La confection d’un bon dictionnaire constitue une entreprise particulièrement délicate. Aussi faut‐il savoir gré à D. Lecourt d’avoir osé ce projet, de l’avoir mené à bien, et ce d’autant plus que, jusqu’à ce jour, un tel instrument nous faisait défaut en langue française. Bien que très satisfaisante, sa réalisation n’est cependant pas parfaite. Reconnaissons d’emblée que la dernière catégorie, tout en contribuant à mieux cerner les réalités de la recherche scientifique (si pas de la pensée scientifique), peut apparaître comme le parent pauvre de ce dictionnaire. Il est d’ailleurs permis de se demander s’il était vraiment judicieux de vouloir évoquer ces réalités sociales de la science (à savoir ses milieux, ses réseaux et ses institutions) dès lors qu’un tel sujet ne pouvait être correctement traité au sein de ce volume et qu’il mériterait d’ailleurs, à lui seul, de faire l’objet d’un dictionnaire spécifique. Comment en effet faire l’impasse sur les cours savantes, sur les lieux d’enseignement, sur les éditeurs, sur les observatoires et les laboratoires, sur les périodiques, sur les ordres religieux…? De ce point de vue, l’approche adoptée par le récent dictionnaire critique de La science classique (XVIe-XVIIIe siècle) nous semble plus heureuse et plus cohérente.
D’un dictionnaire, le lecteur attend sans doute des entrées appropriées, des définitions précises, des renseignements factuels sur l’apparition et l’évolution du mot ou du concept traité, et enfin une bibliographie pertinente et mise à jour qui lui permettra de poursuivre ses investigations. La plupart du temps, ce dictionnaire lui donnera grande satisfaction. Notons cependant que certains thèmes auraient sans doute dû faire l’objet d’une entrée individuelle (ainsi en est‐il de la célèbre « thèse Duhem‐Quine », qui a fait l’objet d’une littérature pour le moins abondante ; elle se trouve certes évoquée à « Duhem » — sans que n’y transparaisse toutefois sa portée holistique —, mais c’est à « expérience » qu’on la trouvera heureusement exposée ; songeons également à « anthropocentrisme », à « cosmologie » — partiellement remplacé par « univers » —, à « mathématisation » ou à la célèbre formule platonicienne « sauver les phénomènes »). Quant aux articles eux‐mêmes, leur valeur — excellente lorsqu’ils sont le fait de spécialistes — n’est pas toujours égale : certains manquent de densité, d’autres, à trop vouloir tracer l’histoire du concept qu’ils abordent, auraient tendance à oublier de le définir (on gagnerait par exemple à distinguer énergétique d’énergétisme et à conserver la distinction entre phénoménisme et phénoménalisme). Quant aux orientations bibliographiques, elles sont parfois démodées et guère pertinentes, jusqu’à ignorer complètement les publications de référence (cf. notamment « Bruno », « Duhem », « héliocentrisme », « Kepler », « Koyré », « Meyerson » et « principe anthropique »). Il sera toutefois aisé de remédier à ces quelques imperfections. Pour l’heure, réjouissons‐nous de pouvoir enfin disposer d’un tel instrument de travail.
À côté du Vocabulaire technique et critique de la philosophie d’A. Lalande, de l’Encyclopédie philosophique universelle, et de La science classique (XVIe-XVIIIe siècle) : dictionnaire critique édité par M. Blay et R. Halleux, le présent dictionnaire devra figurer dans la bibliothèque de tous ceux qui s’intéressent à la science, à son histoire et à ses interprétations.
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