Cou­ver­ture

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Le phé­no­mé­na­lisme pro­blé­ma­tique de Pierre Duhem / pré­face de Jean Ladrière. – Bruxelles : Aca­dé­mie royale de Bel­gique, 2002. – 391 p. – (Mémoires de la Classe des lettres : col­lec­tion in‑8, 3e série, tome 27). 

Télé­char­ge­ment

Le phénoménalisme problématique de
Pierre Duhem

Pré­sen­ta­tion

Phy­si­cien théo­ri­cien, phi­lo­sophe de la phy­sique et his­to­rien des théo­ries phy­siques, le savant catho­lique fran­çais Pierre Duhem (1861−1916) a pro­fon­dé­ment mar­qué la pen­sée du ving­tième siècle. Cha­cun connaît le « Sys­tème du monde », dont les dix volumes ont contri­bué à la redé­cou­verte de la science médié­vale, et « La théo­rie phy­sique », qui a notam­ment don­né lieu à la célèbre « thèse Duhem‐Quine ». Si Clio a donc gar­dé de Duhem le sou­ve­nir d’un grand his­to­rien des sciences et d’un phi­lo­sophe pers­pi­cace de la phy­sique, lui‐même cepen­dant n’aspirait qu’à être recon­nu comme phy­si­cien. Son œuvre est en effet tra­ver­sée par un pro­jet scien­ti­fique qui consiste à ordon­ner et à réunir les diverses branches de la phy­sique sous l’égide de la ther­mo­dy­na­mique dans le cadre d’une théo­rie repré­sen­ta­tive et non expli­ca­tive du réel. C’est ce pro­jet que Duhem a vou­lu réa­li­ser dans ses publi­ca­tions scien­ti­fiques, expo­ser dans ses écrits phi­lo­so­phiques, et fina­le­ment cau­tion­ner par ses recherches historiques.

Cepen­dant l’investissement tou­jours plus impor­tant de Duhem en his­toire des sciences et la pré­sence dans son œuvre de consi­dé­ra­tions apo­lo­gé­tiques et d’écrits patrio­tiques peuvent don­ner à pen­ser qu’il s’est pro­gres­si­ve­ment détour­né de ce pro­jet pri­mor­dial au pro­fit d’autres pré­oc­cu­pa­tions. De même, les ten­sions qui, à l’intérieur de ce pro­jet scien­ti­fique, sub­sistent entre sa volon­té uni­fi­ca­trice et sa reven­di­ca­tion phé­no­mé­na­liste peuvent conduire à une rela­ti­vi­sa­tion de cette der­nière, conçue comme une demande contex­tuelle, pas­sa­gère et fina­le­ment peu signi­fi­ca­tive. Sans igno­rer ces pré­oc­cu­pa­tions his­to­riques, reli­gieuses ou patrio­tiques, sans négli­ger ce conflit d’intérêt entre les deux par­ties consti­tu­tives du pro­jet duhé­mien, cette étude entend tout d’abord réaf­fir­mer que ce pro­jet scien­ti­fique ne sera jamais ni aban­don­né, ni amputé.

Tou­te­fois, dès lors que sont main­te­nues la per­ma­nence, la prio­ri­té et l’intégralité de ce pro­jet, trois para­doxes sur­gissent immé­dia­te­ment. Si Duhem se vou­lait avant tout phy­si­cien et sou­hai­tait être recon­nu comme tel, par quelle extra­va­gance de l’histoire est‐il fina­le­ment connu pour ses recherches his­to­riques et ses tra­vaux phi­lo­so­phiques et non pour ce qui lui tenait le plus à cœur ? S’il ne vou­lait être qu’un illustre phy­si­cien, pour­quoi s’est-il achar­né, au retour du labo­ra­toire, à exhu­mer de l’oubli les manus­crits et les théo­ries scien­ti­fiques des auteurs médié­vaux ? Enfin, s’il vou­lait vrai­ment éta­blir une phy­sique qui soit uni­fiée, cohé­rente et par­faite, pour­quoi se prive‐t‐il du réa­lisme et s’embarrasse-t-il du phé­no­mé­na­lisme ? Basée sur la cor­res­pon­dance inédite de Duhem, cette étude, cen­trée plus par­ti­cu­liè­re­ment sur ce troi­sième para­doxe, contri­bue fina­le­ment à élu­ci­der cha­cun d’eux.

Conte­nu

Pré­face / par Jean LADRIERE (pp. 11 – 16). Intro­duc­tion (pp. 17 – 21). Note pré­li­mi­naire (pp. 23 – 27). 1re par­tie : Intro­duc­tion. Chap. 1 : L’homme (pp. 31 – 51). Chap. 2 : L’œuvre (pp. 53 – 75). Chap. 3 : La lit­té­ra­ture (pp. 77 – 117). 2e par­tie : Expo­sé. Chap. 4 : Emer­gence (pp. 121 – 198). Chap. 5 : Per­ma­nence (pp. 199 – 275). Chap. 6 : Para­doxes (pp. 277 – 283). 3e par­tie : Inter­pré­ta­tion. Chap. 7 : Uni­té (pp. 287 – 296). Chap. 8 : Enga­ge­ment (pp. 297 – 317). Chap. 9 : Phé­no­mé­na­lisme (pp. 319 – 353). Conclu­sion (pp. 355 – 367). Biblio­gra­phie (pp. 369 – 380).

Comptes ren­dus

A. Bren­ner, Cen­tau­rus, vol. 47, 2005, n°1, pp. 81 – 82 ; Ph. Cas­par, Revue d’histoire ecclé­sias­tique, vol. 101, 2006, n°1, pp. 330 – 337 ; A. God­du, Ame­ri­can Catho­lic Phi­lo­so­phi­cal Quar­ter­ly, vol. 79, 2005, n°2, pp. 353 – 356 ; B. Hes­pel, Revue des ques­tions scienti­fiques, vol. 175, 2004, n°2, pp. 210 – 211 ; J. Ladrière – J. Tami­niaux – M. Richir, Rap­port des com­mis­saires, in Bul­le­tin de la Classe des lettres et des sciences morales et poli­tiques, 6e série, vol. 12, 2001, n°1 – 6, pp. 227 – 232 ; J.-L. Léon­hardt, Archives de phi­lo­so­phie, vol. 67, 2004, n°1, pp. 131 – 134 ; R. Maioc­chi, De l’importance du phé­no­mé­na­lisme de Pierre Duhem : à pro­pos d’un livre récent, in Revue phi­lo­so­phique de Lou­vain, vol. 102, 2004, n°3, pp. 505 – 512 ; G. Poliz­zi, Nun­cius, vol. 19, 2004, n°1, pp. 456 – 458 ; Fl. Urfels, Nou­velle revue théo­lo­gique, vol. 128, 2006, n°1, pp. 159 – 160.