Livre ana­ly­sé

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Compte ren­du de Th. Mar­tin, « Biblio­gra­phie cour­no­tienne », in Archives inter­na­tio­nales d’histoire des sciences, vol. 49, 1999, n°142, pp. 205 – 207. 

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Thierry Martin

Bibliographie cournotienne

Mar­tin (Thier­ry), Biblio­gra­phie cour­no­tienne / avec la col­la­bo­ra­tion de Jean‐Philippe Mas­sonie. – Besan­çon : Annales Lit­té­raires de l’Université de Franche‐Comté [dif­fu­sion : Paris : Les Belles Lettres], 1998. – 264 p. – (Phi­lex ; 4).

Cette biblio­gra­phie d’Antoine Augus­tin Cour­not — la pre­mière depuis 1939 — se divise clas­si­que­ment en deux par­ties : la lit­té­ra­ture pri­maire et la lit­té­ra­ture secon­daire. La pre­mière, qui com­porte plus de 200 entrées, recense suc­ces­si­ve­ment (avec leurs dif­fé­rentes réédi­tions) ses ouvrages, ses œuvres com­plètes, ses articles, ses comptes ren­dus, ses textes choi­sis, mais aus­si les ouvrages qu’il a édi­tés, ses dis­cours de ren­trées universi­taires, et les frag­ments de sa cor­res­pon­dance qui, à ce jour, ont été publiés. Elle se ter­mine par la men­tion des tra­duc­tions et édi­tions étran­gères de ses tra­vaux. La seconde par­tie, judi­cieu­se­ment sub­di­vi­sée en sec­tions thé­ma­tiques (« phi­lo­so­phie géné­rale », « épistémo­logie géné­rale et his­toire des sciences », « éco­no­mie », « his­toire et phi­lo­so­phie de l’his­toire », « péda­go­gie », « socio­lo­gie », « phi­lo­so­phie poli­tique », « psy­cho­lo­gie », « géo­gra­phie », « esthé­tique et his­toire de l’art », « notices et articles bio­gra­phiques », et enfin « articles né­crologiques »), recense pas moins de 1.250 réfé­rences ! M. Mar­tin a pu atteindre ce chiffre impres­sion­nant, parce qu’il a cru devoir ajou­ter aux réfé­rences consa­crées expli­ci­te­ment à Cour­not (envi­ron 350 entrées), ce qu’il appelle des réfé­rences indi­rectes, « c’est-à-dire des pas­sages d’ouvrages ou articles qui, par­tiel­le­ment, lui consacrent quelques pages ou quelques lignes » (p. 9), pages qu’il ren­seigne d’ailleurs spé­ci­fi­que­ment. Ce choix le con­duit, par exemple, à ren­sei­gner la tra­duc­tion de la Phy­sique d’Aristote (puisque O. Hame­lin y men­tionne le nom de Cour­not à la page 123) et à consa­crer une soixan­taine d’entrées dis­tinctes au Voca­bu­laire tech­nique et cri­tique de la phi­lo­so­phie de Lalande et encore da­vantage à l’édition par W. Jaf­fé de la Cor­res­pon­dence of Leon Wal­ras and rela­ted papers. Au final, chaque sec­tion thé­ma­tique com­porte, pêle‐mêle, des comptes ren­dus, des entrées du Lalande, et quan­ti­té de tra­vaux, sou­vent les plus divers, qui ont pour seul point com­mun de men­tion­ner au moins une fois le nom véné­ré. Il incom­be­ra au lec­teur de retrou­ver, dans cette masse dif­forme, les tra­vaux spé­ci­fi­que­ment consa­crés à Cour­not. En effet, si le pré­sent inven­taire consti­tue sans nul doute un outil de tra­vail extra­or­di­naire pour un spé­cialiste tel que M. Mar­tin qui, sans doute avec rai­son, « traque » la moindre réfé­rence à Cour­not, on a tout lieu de pen­ser qu’il est beau­coup moins adap­té à celui qui croi­se­ra un jour ce savant sur sa route… sans vou­loir pour autant y consa­crer sa vie ! Lais­sant à cha­cun le soin de juger de l’opportunité de pous­ser aus­si loin la recherche des réfé­rences indi­rectes, il nous semble en tout cas que cette biblio­gra­phie gagne­rait en lisi­bi­li­té si elle dif­férenciait davan­tage ses réfé­rences : 1) ras­sem­bler les comptes ren­dus direc­te­ment sous la réfé­rence des livres qu’ils ana­lysent ; 2) créer une sec­tion qui mette en exergue les ou­vrages, thèses de doc­to­rat et actes de col­loques consa­crés spé­ci­fi­que­ment à Cour­not (quitte à men­tion­ner les contri­bu­tions consti­tu­tives de ces actes dans les sec­tions théma­tiques appro­priées) ; 3) en créer une autre qui regrou­pe­rait ces publi­ca­tions bien spéci­fiques que sont les notices de dic­tion­naires ou d’encyclopédies ; 4) faire le tri dans chaque sec­tion thé­ma­tique en fai­sant appa­raître d’abord les réfé­rences spé­ci­fi­que­ment courno­tiennes (les plus inté­res­santes pour la majo­ri­té des lec­teurs), puis seule­ment les réfé­rences indi­rectes ; 5) sachant que de toute façon le désir d’exhaustivité dans le domaine des réfé­rences indi­rectes est irréa­liste (cha­cun aura tôt fait de trou­ver dans sa biblio­thèque per­son­nelle un livre men­tion­nant Cour­not qui n’est pas ren­sei­gné par M. Mar­tin), opé­rer une sélec­tion dans ces réfé­rences en ne rete­nant que celles qui se démarquent par la répu­ta­tion de leur auteur, l’intelligence de leur pro­pos, leur signi­fi­ca­tion his­to­rique, leur valeur péda­go­gique ou syn­thé­tique… Assez para­doxa­le­ment, c’est donc la richesse de cette biblio­gra­phie qui consti­tue son prin­ci­pal défaut et cepen­dant cette richesse, déjà très appré­ciable, n’est pas à l’abri de quelques lacunes. Sauf erreur de notre part, nous n’y avons pas trou­vé les réfé­rences suivantes :
  1. S. W. Floss, An out­line of the phi­lo­so­phy of Antoine‐Augustin Cour­not, Ph. D. Uni­versity of Penn­syl­va­nia, 1940, 122 p.
  1. W. E. Gar­rett, Antoine Augus­tin Cournot’s theo­ry of his­to­ri­cal expla­na­tion, Ph. D. Colum­bia Uni­ver­si­ty, 1967, 281 p.
  1. J. N. Mecha­nic, Cournot’s pro­ba­bi­lism, Ph. D. Colum­bia Uni­ver­si­ty, 1959, 187 p.
  1. G. Palom­ba, Da Cour­not a Keynes, in Acca­de­mia Pon­ta­nia­na, vol. 29, 1980, pp. 155 – 174.
  1. A. Robi­net, Étio­lo­gie et rai­son suf­fi­sante dans l’œuvre de Cour­not, dans Il nucleo filo­so­fi­co del­la scien­za : Atti del semi­na­rio di sto­ria e filo­so­fia del­la scien­za dell’Università di Lecce (1987−1990) / a cura di Gui­do Cimi­no, Ubal­do San­zo, Ga­briella Sava. – Gala­ti­na : Conge­do, 1991. – pp. 141 – 150.
  1. C. Z. Qin – C. Stuart, Ber­trand ver­sus Cour­not revi­si­ted, in Eco­no­mic Theo­ry, vol. 10, 1997, n°3, pp. 497 – 507.
  1. A. Zan­ni, Gli eco­no­mis­ti e l’«Enciclopedia Ita­lia­na » [1939]. Con noti­zie e docu­menti inedi­ti sulle « voci » Keynes e Cour­not, in Qua­der­ni di Sto­ria dell’Economia Poli­ti­ca, vol. I, 1983, n°3, pp. 169 – 196.
De même, avant de s’enfoncer dans la recherche de ces réfé­rences indi­rectes qui de­vraient nous révé­ler com­ment Cour­not « a été explo­ré selon les moments et selon les lieux » et nous mon­trer « l’importance rela­tive accor­dée par les cher­cheurs aux dif­fé­rents aspects » (p. 8) de son œuvre, il fau­drait peut‐être com­men­cer par inter­ro­ger à cette fin les comptes ren­dus qui, « selon les moments et selon les lieux », ont été consa­crés à ses tra­vaux et à ceux de ses com­men­ta­teurs. Hélas, cette biblio­gra­phie ne signale qu’une pe­tite tren­taine de recen­sions ! En voi­ci déjà dix de plus :
  1. H. Bre­ny, C. r. de A. A. Cour­not : « Expo­si­tion de la théo­rie des chances et des pro­babilités », in Archives Inter­na­tio­nales d’Histoire des Sciences, vol. 37, 1987, n°119, pp. 396 – 397.
  1. W. Cole­man, C. r. de J. Cree­dy : « Demand and exchange in eco­no­mic ana­ly­sis : A his­to­ry from Cour­not to Mar­shall », in The Eco­no­mic Record, vol. 70, 1994, n°208, pp. 99 – 100.
  1. A. Delorme, C. r. de E. Cal­lot : « La phi­lo­so­phie bio­lo­gique de Cour­not », in Revue de Syn­thèse, tome 82 (3e série), 1961, n°22 – 24, pp. 146 – 147.
  1. J. A. Ghe­ri­ty, C. r. de R. D. Theo­cha­ris : « The deve­lop­ment of mathe­ma­ti­cal econo­mics : The years of tran­si­tion from Cour­not to Jevons », in Kyk­los, vol. 47, 1994, n°3, pp. 486 – 487.
  1. Cl. Ménard, C. r. de A. A. Cour­not : « Recherches sur les prin­cipes mathé­ma­tiques de la théo­rie des richesses », in Annales : Éco­no­mies, Socié­tés, Civi­li­sa­tions, 30e année, 1975, n°5, pp. 1141 – 1146.
  1. F. D. Mer­ritt, C. r. de A. A. Cour­not : « Researches into the mathe­ma­ti­cal prin­ciples of the theo­ry of wealth », in The Jour­nal of Poli­ti­cal Eco­no­my, vol. 6, 1898, pp. 426 – 430.
  1. S. M. Sti­gler, C. r. de A. A. Cour­not : « Expo­si­tion de la théo­rie des chances et des pro­ba­bi­li­tés, in Annals of Science, vol. 43, 1986, pp. 203 – 204.
  1. D. Todé­ri­ciu, C. r. de A. A. Cour­not : « Consi­dé­ra­tions sur la marche des idées et des évé­ne­ments dans les temps modernes », in Revue d’Histoire des Sciences, tome 28, 1975, n°1, pp. 90 – 91.
  1. M. de Valence, C. r. de « A. Cour­not : études pour le cen­te­naire de sa mort », in Re­vue d’Histoire des Sciences, tome 34, 1981, n°3 – 4, p. 378.
  1. H. Wag­ner, C. r. de A. A. Cour­not : « Essai sur les fon­de­ments de nos connais­sances et sur les carac­tères de la cri­tique phi­lo­so­phique », in Archiv für Ges­chichte der Phi­lo­so­phie, vol. 58, 1976, n°3, pp. 291 – 292.
Enfin, et mal­gré l’effort de l’auteur dans ce domaine, nous sou­hai­te­rions que les réfé­rences biblio­gra­phiques (sur­tout des articles) soient plus pré­cises. Ain­si, le lec­teur qui vou­drait se pro­cu­rer l’article de P. Man­sion Sur la por­tée objec­tive du cal­cul des probabili­tés (p. 107) sera bien ins­pi­ré de le cher­cher dans le Bul­le­tin de la Classe des Sciences et non pas dans cette revue qui s’appellerait Aca­dé­mie Royale des Sciences ; de même, il se dou­tera que la Revue Phi­lo­so­phique n’est autre que la Revue Phi­lo­so­phique de la France et de l’Étranger. Au terme de cette recen­sion, il ne nous reste plus qu’à remer­cier M. Mar­tin : éta­blir une biblio­gra­phie est en effet une tâche ingrate et de longue haleine que peu de cher­cheurs sont prêts à assu­mer, alors qu’il s’agit tou­jours d’un ins­tru­ment de tra­vail des plus pré­cieux. Certes, la pré­sente biblio­gra­phie nous semble per­fec­tible ; cepen­dant, elle a déjà le mérite d’exister.