Livre ana­ly­sé

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Compte ren­du de P. Duhem, « L’aube du savoir », in Revue phi­lo­so­phique de Lou­vain, vol. 97, 1999, n°1, pp. 156 – 162.

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Pierre Duhem

L’aube du savoir

Épitomé du « Système du monde »

Duhem (Pierre), L’aube du savoir : Épi­to­mé du « Sys­tème du monde » / textes éta­blis et pré­sentés par Anas­ta­sios Bren­ner. – Paris : Her­mann Édi­teurs des Sciences et des Arts, 1997. – lx, 612 p. – (His­toire de la pen­sée). – Biblio., index.

Péné­trer dans Le sys­tème du monde, c’est « s’engager dans un laby­rinthe »1 a pu écrire le R. P. Bos­mans et il est bien vrai qu’il nous serait venu à point le résu­mé que Duhem avait pro­je­té d’en faire et que sa mort pré­ma­tu­rée nous a mal­heu­reu­se­ment ravi2. Ce pro­jet d’un épi­to­mé des 10 tomes (!) du Sys­tème du monde ne devait cepen­dant pas mou­rir avec lui : dans le pré­sent volume, M. Bren­ner s’est atta­ché à rele­vé ce défi pour le moins audacieux.

Avant d’examiner l’ouvrage qui en a résul­té, il n’est peut‐être pas inutile d’affiner le « diag­nos­tic », pour ensuite envi­sa­ger les divers « remèdes » pos­sibles. La com­plexi­té du Sys­tème du monde tient bien sûr à son éten­due (près de 5.500 pages) et à celle de la pé­riode cou­verte (comme son sous‐titre l’indique, il s’agit d’une His­toire des doc­trines cos­mologiques de Pla­ton à Coper­nic). Mais d’autres fac­teurs viennent en accroître la dif­fi­cul­té. Tout d’abord la manière qu’avait son auteur de com­po­ser ses livres : écri­vant avec une grande faci­li­té, il com­men­çait leur rédac­tion au cours même de son enquête, ce qui pou­vait l’amener à des revi­re­ments pour le moins bru­taux (son­geons aux Ori­gines de la sta­tique) ou, sous l’excitation de la décou­verte, à des publi­ca­tions trop rapides dont la fina­li­té ne trans­pa­rais­sait pas tou­jours immé­dia­te­ment (par exemple les Études sur Léo­nard de Vin­ci). La « car­rière » d’historien des sciences de Duhem n’ayant duré que 12 ans (on s’ac­corde pour faire débu­ter celle‐ci en 1904 et Duhem meurt en 1916), il est évident que notre his­to­rien n’a pas eu la pos­si­bi­li­té de pro­cé­der autre­ment pour son Sys­tème du monde. Loin d’avoir été entiè­re­ment réécrite, cette His­toire des doc­trines cos­mo­lo­giques est, pour une bonne part, une com­pi­la­tion : Duhem y reprend nombre de ses publi­ca­tions anté­rieures, soit en les fon­dant sim­ple­ment dans le nou­vel édi­fice, soit en les com­plé­tant par de nou­veaux ren­sei­gne­ments ou de nou­veaux docu­ments, soit même en révi­sant ré­solument les juge­ments qui s’y trou­vaient expri­més. De ce point de vue, la rédac­tion de cette œuvre semble quelque peu se faire en ordre dis­per­sé, et si ni sa valeur ni le mérite de son auteur ne s’en trouvent amoin­dris, sa lec­ture, elle, ne s’en trouve pas tou­jours fa­cilitée. La richesse docu­men­taire de cette œuvre devient éga­le­ment, pour sa compréhen­sion, une source de dif­fi­cul­tés. Duhem fait en effet tel­le­ment de décou­vertes ponc­tuelles — des manus­crits inédits ; des textes peu connus ; des auteurs oubliés ; des incon­nus identi­fiés ; des chro­no­lo­gies pré­ci­sées — qu’il ne peut s’empêcher d’interrompre le développe­ment natu­rel de son expo­sé pour nous en faire part… À ces dif­fi­cul­tés somme toute con­textuelles (une écri­ture par­fois trop rapide et une science trop jeune), s’en ajoutent d’autres qui, cette fois encore, sont autant de richesses. Tout d’abord (et comme le sou­ligne avec rai­son M. Bren­ner dans son intro­duc­tion), l’amplitude de son point de vue. Si Duhem le phi­lo­sophe pro­cla­mait en effet la néces­saire sépa­ra­tion de la phy­sique et de la méta­phy­sique, Duhem l’historien s’est bien vite ren­du compte qu’autrefois une telle sé­paration n’avait pas été de mise. À l’opposé de l’approche posi­ti­viste qui vou­lait qu’une his­toire de l’astronomie ne com­porte que de l’astronomie, notre his­to­rien a donc eu la grande intel­li­gence de com­prendre que non seule­ment les dif­fé­rentes sciences « exactes » sont tri­bu­taires les unes des autres, mais que même le savoir scien­ti­fique ne peut être véri­ta­ble­ment com­pris s’il est sépa­ré de ces autres formes de savoirs que sont la philoso­phie, la théo­lo­gie, l’alchimie ou l’astrologie… Il les inté­gre­ra donc dans son Sys­tème du monde qui sera dès lors bien plus qu’une his­toire de l’astronomie de Pla­ton à Coper­nic. Cette œuvre trou­ve­ra fina­le­ment dans la mul­ti­tude des objec­tifs qui y sont pour­sui­vis et des thèmes qui y sont abor­dés une de ses der­nières richesses… et de ses der­nières diffi­cultés. Aus­si, comme nous le ver­rons bien­tôt, l’intervention du com­men­ta­teur sera ici re­quise pour tra­cer les dif­fé­rents fils d’Ariane qui per­met­tront de déjouer ce redou­table labyrinthe.

Débrous­sailler le Sys­tème du monde s’im­posait donc et M. Bren­ner a eu la sagesse de se sou­ve­nir de ce pro­jet duhé­mien. Mais com­ment le réa­li­ser et que viser ? S’agit-il de com­poser un manuel qui serait plus acces­sible que le monu­men­tal chef d’œuvre duhé­mien ? Assu­ré­ment non. Le Sys­tème du monde a près de nonante ans et si, sous les rides, son charme est encore vif, il n’en porte pas moins les traces du temps : sur bien des points, il se trouve dépas­sé par ceux‐là même à qui il a ouvert la voie. Il faut donc le don­ner pour ce qu’il est : un témoi­gnage d’un état du savoir et un reflet de la concep­tion que se fai­sait Duhem de la science et de son his­toire. De ce point de vue, il ne faut pas craindre, nous semble‐t‐il, d’incorporer dans une telle entre­prise jusqu’à des pas­sages duhé­miens mani­festement péri­més, du moment qu’ils nous livrent en cette matière sa vision ou celle de son époque. Si la signi­fi­ca­tion finale du tra­vail à entre­prendre s’en trouve déga­gée, il reste cepen­dant à déter­mi­ner la manière de pro­cé­der. On peut iso­ler de l’ensemble une théma­tique par­ti­cu­lière et pro­po­ser au lec­teur de la suivre réso­lu­ment : c’est en quelque sorte le par­ti pris, de manière assez réus­sie, par Roger Ariew dans son Medie­val cos­mo­lo­gy : Theo­ries of infi­ni­ty, place, time, void, and the plu­ra­li­ty of worlds3 qui, sur ces thèmes, re­prend pour l’essentiel des extraits des tomes 7 et 10 du Sys­tème du monde. Mais ce n’est pas résu­mer l’œuvre ni affron­ter le pro­blème de ses mul­tiples thé­ma­tiques. Faut‐il alors ten­ter ce que Duhem avait visi­ble­ment pro­je­té ? Éla­guer l’œuvre de toute son éru­di­tion, de toutes ses cita­tions, de tout son appa­rat cri­tique, pour mieux en faire sor­tir les lignes direc­trices ? La réécrire presque com­plè­te­ment, la réor­ga­ni­ser assez sou­vent, pour mieux en faire appa­raître la logique et la por­tée ? Ce serait non moins utile qu’intéressant et non moins inté­res­sant que périlleux : le Sys­tème du monde est inache­vé4 et si ses conclu­sions se laissent entre­voir (notam­ment à par­tir de son Essai sur la notion de théo­rie phy­sique de Pla­ton à Gali­lée), nul ne sait exac­te­ment ce que son auteur comp­tait écrire.

M. Bren­ner a choi­si une voie moyenne. Il a tout d’abord écar­té « les pas­sages sur la science arabe et la science juive », car « ne lisant ni l’arabe ni l’hébreux, Duhem s’est limi­té aux textes tra­duits en latin au Moyen Âge ». De plus, « bien qu’il ait consa­cré l’équivalent d’un volume aux savants arabes et juifs, le rôle essen­tiel­le­ment de trans­mis­sion qu’il leur accorde n’est plus défen­dable à la lumière des recherches actuelles » (p. XIX, note 13). De même, il a exclu le der­nier tome por­tant sur le déclin de la sco­las­tique au XVe siècle, car « lais­sée inache­vée, cette par­tie n’a pas reçu, de la part de l’auteur, sa forme défi­ni­tive » (p. LX). Il a ensuite déga­gé cinq grandes thèses à tra­vers le Sys­tème du monde et s’est fixé pour tâche « de mettre à la dis­po­si­tion du lec­teur les pas­sages qui [lui] sem­blaient les plus ca­ractéristiques » de celles‐ci (p. xxi note 18), tout en pré­sen­tant « les grandes étapes de cette his­toire des théo­ries cos­mo­lo­giques » (p. lx). Il a enfin enri­chi le texte duhé­mien de quelques notes expli­ca­tives et s’est atta­ché à faci­li­ter, par des résu­més per­son­nels, la tran­sition entre les extraits rete­nus. Une biblio­gra­phie des ouvrages men­tion­nés par Duhem, de ses écrits rela­tifs à la cos­mo­lo­gie pré‐copernicienne et de dif­fé­rentes études cri­tiques com­plète l’ouvrage qui se ter­mine par un index onomastique.

Mais l’apport le plus consi­dé­rable de M. Bren­ner réside dans sa longue intro­duc­tion (une cin­quan­taine de pages) qui, par la mise en évi­dence de cinq grandes thèses parcou­rant le Sys­tème du monde, intro­duit non seule­ment à la lec­ture des extraits sélec­tion­nés, mais offre plus géné­ra­le­ment un iti­né­raire pour la lec­ture de l’œuvre entière. Ces cinq grandes thèses sont (cf. p. XXI) :

1) les condam­na­tions de 1277 ;

2) la théo­rie de l’impetus ;

3) la théo­rie de la lati­tude des formes ;

4) la trans­mis­sion des idées médiévales ;

5) la valeur des hypo­thèses astronomiques.

L’exposé cri­tique de ces thèses consti­tue la majeure — et la meilleure — par­tie de l’intro­duction de M. Bren­ner (pp. XXI‑L). La manière dont ces thèses sont, non pas résu­mées, mais pré­sen­tées, ne nous a pas paru tout à fait satis­fai­sante : il est vrai que la ques­tion est très dif­fi­cile. Sans pré­tendre la résoudre, nous ten­te­rons une pré­sen­ta­tion quelque peu diffé­rente. Ain­si il est indé­niable que les condam­na­tions de 1277 jouent un rôle majeur dans le Sys­tème du monde (elles y occupent près d’un volume), mais elles ne consti­tuent en réa­li­té qu’un argu­ment, même s’il est le plus impor­tant et le plus déve­lop­pé, d’un pro­jet bien plus géné­ral qui est de nature apo­lo­gé­tique puisqu’il vise à faire res­sor­tir le rôle bé­néfique joué par l’Église dans l’édification de la science moderne. Dans une pré­sen­ta­tion des grandes thèses ou pré­oc­cu­pa­tions qui tra­versent le Sys­tème du monde, il fau­drait dès lors mettre davan­tage en avant ce pro­jet apo­lo­gé­tique de Duhem en le pro­po­sant comme un des fils d’Ariane de cette œuvre, pour ensuite struc­tu­rer à l’intérieur de celui‐ci ses dif­fé­rents argu­ments consti­tu­tifs, dont les condam­na­tions de 1277. En effet, les argu­ments de l’apologétique his­to­rique duhé­mienne se répar­tissent, nous semble‐t‐il, en deux caté­go­ries : par cer­taines actions, le chris­tia­nisme a contri­bué à déman­te­ler l’aristoté­lisme et les cos­mo­lo­giques antiques, faci­li­tant ain­si, par ce tra­vail qui est en soi pure­ment des­truc­teur, l’émergence de la science moderne ; mais par d’autres réa­li­sa­tions, cer­tains catho­liques ont, de manière construc­tive cette fois, vrai­ment (du moins aux yeux de Du­hem) pré­pa­ré la science moderne. Dans la pre­mière caté­go­rie, nous men­tion­ne­rons par exemple les condam­na­tions de 1277 et la des­truc­tion de la bipar­ti­tion aris­to­té­li­cienne faci­li­tée par la cri­tique catho­lique de la théo­rie des marées et de l’astrologie5 ; dans la seconde, la théo­rie de l’impe­tus ; la théo­rie du mou­ve­ment diurne de la Terre déve­lop­pée par Nicole Oresme et enfin la réuni­fi­ca­tion du monde sub­lu­naire et supra­lu­naire cette fois posi­ti­ve­ment ini­tiée par Buri­dan. Avec rai­son, M. Bren­ner prend éga­le­ment pour thème par­cou­rant le Sys­tème du monde « la trans­mis­sion des idées médié­vales ». Tou­te­fois cette appel­la­tion, qui évoque un sou­ci pure­ment his­to­rio­gra­phique rele­vant presque d’une dé­marche éru­dite dés­in­té­res­sée, ne marque pas assez que cette étude n’est somme toute qu’un des pro­cé­dés uti­li­sés par Duhem pour éta­blir ce conti­nuisme his­to­rique dont il a tant besoin, aus­si bien au niveau de son pro­jet scien­ti­fique qu’au niveau de son pro­jet apo­lo­gé­tique. Aus­si serait‐il sans doute plus oppor­tun de mieux faire res­sor­tir l’engage­ment de notre auteur (ici en termes de phi­lo­so­phie de l’histoire) en rele­vant comme thèse essen­tielle du Sys­tème du monde « le conti­nuisme his­to­rique ». Ensuite, M. Bren­ner relève avec jus­tesse « la valeur des hypo­thèses astro­no­miques », mais à cette pré­sen­ta­tion relati­vement neutre qui pour­rait lais­ser pen­ser que Duhem mène dans cette œuvre une ré­flexion, ou plu­tôt une enquête, sur la valeur des hypo­thèses astro­no­miques, il faut peut‐être en sub­sti­tuer une autre qui marque davan­tage, comme M. Bren­ner le sou­ligne d’ail­leurs dans son intro­duc­tion, que Duhem a déjà fait son choix en la matière et qu’il s’agit donc pour lui d’obtenir « seule­ment » la jus­ti­fi­ca­tion his­to­rique de sa phi­lo­so­phie de la phy­sique et, en par­ti­cu­lier, de son phé­no­mé­na­lisme6. Enfin M. Bren­ner a fort jus­te­ment fait remar­quer qu’en ajou­tant à ces études anté­rieures sur les notions de temps et de lieu (cor­ré­lat ancien de notre concept d’espace) l’étude de la notion de matière (pré­fi­gu­rant notre concept moderne de masse), Duhem avait mené une triple enquête sur les trois gran­deurs fon­da­men­tales de la méca­nique (p. XVII) et sur leurs ques­tions connexes (le vide, l’infini, le mou­ve­ment) : il serait regret­table de ne pas tenir compte de cette obser­vation. Nous pour­rions donc pré­sen­ter les prin­ci­paux pro­jets qui tra­versent le Sys­tème du monde de la manière sui­vante, laquelle accen­tue davan­tage les pré­oc­cu­pa­tions du­hémiennes que les thèmes par­ti­cu­liers dont il a traité :

1) reva­lo­ri­ser le moyen âge au niveau scientifique ;

2) révé­ler le rôle posi­tif joué par l’Église ;

3) asseoir le conti­nuisme historique ;

4) jus­ti­fier l’énergétique et le phénoménalisme.

Autour de ces pré­oc­cu­pa­tions qui fina­le­ment se recoupent (d’où la dif­fi­cul­té de les or­ganiser) gra­vitent alors une série de thèmes qui, géné­ra­le­ment, appar­tiennent simultané­ment à plu­sieurs pré­oc­cu­pa­tions et qui devront dès lors être expo­sés en fonc­tion de la pré­oc­cu­pa­tion plus par­ti­cu­liè­re­ment accentuée :

a) les condam­na­tions de 1277 ;

b) la théo­rie de l’impetus ;

c) la théo­rie de la lati­tude des formes ;

d) les concepts de matière, d’espace, de temps ;

e) la valeur des hypo­thèses astronomiques…

Notons enfin que d’autres « par­cours » du Sys­tème du monde sont pos­sibles : on peut, par exemple, se cen­trer davan­tage sur l’attitude adop­tée par les sco­las­tiques à l’égard de l’aristotélisme ou, hors de toute pré­oc­cu­pa­tion apo­lo­gé­tique, s’attacher davan­tage à re­tracer l’émergence de la science moderne. Mais ce ne sont là que d’autres manières d’agencer les thèmes que nous avons rele­vés et cha­cun pour­ra, dans la lec­ture de cette œuvre monu­men­tale, adop­ter l’itinéraire qui lui convient le mieux.

Au final, et en dépit de ces quelques remarques qui reflètent seule­ment la dif­fi­cul­té de l’entreprise, M. Bren­ner a rele­vé avec suc­cès le défi que nous avait lais­sé Duhem : son édi­tion est menée avec soin ; son choix de textes est très satis­fai­sant7 et l’ouvrage, pour autant qu’on ne se méprenne pas sur sa fina­li­té, pour­ra uti­le­ment rendre service.

1. H. Bos­mans, Pierre Duhem (1861−1916) : Notice sur ses tra­vaux rela­tifs à l’histoire des sciences, in Revue des Ques­tions Scien­ti­fiques, 40e année, t. LXXX (3e série, t. XXX, octobre 1921, p. 433.

2. « Quand j’aurai fini mon Sys­tème du Monde », disait Duhem à ses amis, « je m’enfermerai à Cabres­pine [sa mai­son de cam­pagne], et j’en déga­ge­rai en trois cents pages, sans appa­reil d’érudition, les conclu­sions essen­tielles » (pro­pos rap­por­té dans Éd. Jor­dan, Pierre Duhem, in Mémoires de la Socié­té des Sciences Phy­siques et Natu­relles de Bor­deaux, 7e série, t. I, 1917, 1er cahier, p. 22).

3. P. Duhem, Medie­val cos­mo­lo­gy : Theo­ries of infi­ni­ty, place, time, void, and the plu­ra­li­ty of worlds / edi­ted and trans­la­ted by Roger ARIEW ; fore­word by Stan­ley L. JAKI. – Chi­ca­go (Ill.) ; Lon­don : The Uni­ver­si­ty of Chi­ca­go Press, 1985. – XXXI, 601 p.

4. Le manus­crit s’arrête vers Nico­las de Cuse et Duhem pro­je­tait d’aller au moins jusqu’à Coper­nic. On peut donc esti­mer qu’il nous manque sûre­ment deux volumes.

5. Cf. P. Duhem, Le sys­tème du monde, vol. II, Ire par­tie, chap. XIII et IIe par­tie, chap. I, §§ IX‑X.

6. Dans son excel­lente mono­gra­phie sur Pierre Duhem, M. Bren­ner par­lait, de manière plus affir­mée, d’une « reven­di­ca­tion de la métho­do­lo­gie posi­ti­viste », mais cette expres­sion pour­rait prê­ter à confu­sion ; pour notre part, nous pré­fé­re­rons par­ler d’une reven­di­ca­tion ou d’une jus­ti­fi­ca­tion his­to­rique de son phé­no­mé­na­lisme (cf. A. Bren­ner, Duhem : Science, réa­li­té et appa­rence : La rela­tion entre phi­lo­so­phie et his­toire dans l’œuvre de Pierre Duhem / pré­face de Mau­rice BOUDOT, Paris : Librai­rie Phi­lo­so­phique J. Vrin, 1990, pp. 176 – 177).

7. Nous aurions peut‐être aimé y trou­ver la sec­tion sur « Les sphères com­pen­sa­trices d’Aristote » (Le sys­tème du monde, tome I, pp. 126 – 129) qui com­porte une affir­ma­tion très forte de l’idée duhé­mienne selon laquelle la méthode des sciences phy­siques a été défi­nie en réa­li­té par Pla­ton ; celle sur « L’abandon du sys­tème hélio­cen­trique » (Le sys­tème du monde, tome I, pp. 424 – 426) mon­trant com­bien le réa­lisme du phy­si­cien, contrai­re­ment au phé­no­mé­na­lisme de l’astronome, est sujet à ren­trer en conflit avec la reli­gion ; celle sur « Les Pères de l’Église et la Grande Année » (Le sys­tème du monde, tome II, pp. 447 – 453) où Duhem affirme que la révo­lu­tion opé­rant l’union, au sein d’une même méca­nique, du monde sub­lu­naire et du monde supra­lu­naire sera l’œuvre de la théo­lo­gie chré­tienne (mais il est vrai que M. Bren­ner en traite dans son intro­duc­tion) ; et enfin les extraits du cha­pitre sur « La rota­tion de la Terre » rela­tifs à Oresme (Le sys­tème du monde, tome IX, pp. 329 – 344), en rai­son de l’importance que notre auteur attri­buait à ce texte, ain­si que l’atteste sa publi­ca­tion, dès 1909, sous ce titre pour le moins signi­fi­ca­tif : Un pré­cur­seur fran­çais de Coper­nic : Nicole Oresme (1377).