Livre analysé
Références
Stoffel (Jean‐François), Compte rendu de « Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle : acteurs et réseaux du savoir » / sous la direction de Luc Foisneau, in Revue philosophique de Louvain, vol. 117, 2019, n°3, pp. 589 – 590.
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Sous la direction de Luc Foisneau
Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle
Acteurs et réseaux du savoir
Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle : acteurs et réseaux du savoir / sous la direction de Luc Foisneau, avec la collaboration d’Élisabeth Dutartre‐Michaut et de Christian Bachelier ; traductions de Delphine Bellis, Luc Foisneau et Claire Gallien. – Paris : Classiques Garnier, 2015. – 2138 p. – (Dictionnaires et synthèses ; 3).
Chacune de ces notices comporte une biographie et une présentation de l’œuvre de l’auteur étudié, la liste de ses textes examinés, celle des travaux contemporains qui paraissent significatifs dans ce contexte, un choix d’études secondaires, éventuellement le signalement de manuscrits, mais aussi des bibliographies et biographies existantes, enfin une série de mots clés permettant, via l’index déjà évoqué, de poursuivre la navigation de proche en proche. La longueur de ces notices est présentée comme reflétant moins l’importance que, rétrospectivement, une certaine tradition universitaire accorde à l’auteur concerné que l’influence réelle qui fut la sienne sur son siècle. Aussi le lecteur pourra‐t‐il être surpris de constater, par exemple, que les notices consacrées à Honoré Fabri et à Antoine Arnauld s’étendent respectivement sur 16 et 24 colonnes contre seulement 19 et 22 pour Descartes et Pascal ! Ajoutons qu’après un avant‐propos qui donne entière satisfaction, le dictionnaire lui‐même est précédé de huit courtes introductions thématiques (« Les cartésiens français », « La pensée clandestine », ou encore « Théories des arts »), moyennement utiles, qui sont censées renvoyer aux notices qui les suivent.
Malgré le soin apporté, la perfection n’est bien sûr pas de ce monde ! En vue d’une prochaine édition, on notera donc quelques imprécisions ou inexactitudes : le titre de l’ouvrage publié par Brodeau de Moncharville en 1702 apparaît tronqué, puisqu’il s’intitule en réalité Preuves des existences, et nouveau systême de l’Univers, ou Idée d’une nouvelle philosophie (cf. pp. 359 – 360) ; quant à celui du livre que fit paraître Gille de Launay en 1667, il est tout simplement erroné, puisqu’il faut lire Les essais physiques et non Les essais philosophiques (cf. pp. 1007 – 1008). Quelques lacunes également : dans la notice dédiée à Théophraste Bouju (p. 325), un renvoi est fait « Ariew, 1999 » dont on cherchera en vain la référence complète dans la bibliographie. Quelques incohérences enfin : dans l’index, aussi colossal que précieux, l’un ou l’autre renvoi à des « entrées matières complémentaires » constitue un autoréférencement (au terme de la section « Astronomie », on renvoie à « Parhélie » qui constitue justement une partie de ladite section) ou pointe vers une section principale inexistante en tant que telle (« Cosmologie », par exemple, est en réalité une sous‐section de « Monde »). Un peu plus embarrassant, soulignons qu’il est impossible, ainsi que nous l’avons récemment établi1, d’attribuer à Jean d’Espagnet une cosmologie héliocentrique, comme le fait Didier Kahn (p. 667), sauf à oublier que le géocentrisme astronomique (auquel il souscrit incontestablement) a toujours su s’accommoder fort bien d’un héliocentrisme symbolique.
Mais arrêtons de nous montrer si pointilleux et réjouissons‐nous surtout, sans réserve aucune, de l’existence de cet instrument de travail incontournable qui nous a déjà rendu tant de services et fait découvrir tant d’auteurs aujourd’hui méconnus que nous pourrons dorénavant intégrer dans nos recherches. Mieux : souhaitons que d’autres équipes aient le courage de produire, pour les autres époques de la philosophie française, des dictionnaires similaires et que les éditions Classiques Garnier aient le bon goût de les publier !
1 Cf. J.-Fr. Stoffel, « Qui choisirait de poser ce flambeau dans un lieu autre ou meilleur que celui d’où il peut illuminer le tout simultanément ? » : examen de la pertinence d’un argument copernicien de convenance, in Revue des questions scientifiques, vol. 189, 2018, n°4, pp. 409 – 458 ; ici, pp. 433 – 434.
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