Livre ana­ly­sé

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Compte ren­du de M.-Chr. Boer­ner, « Ange­lus & dia­bo­lus : anges, diables et démons dans l’art chré­tien occi­den­tal », in Revue d’histoire ecclé­sias­tique, vol. 114, 2019, n°3 – 4, p. 993.

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Maria‐Christina Boerner

Angelus & diabolus

Anges, diables et démons dans l’art chrétien occidental

Ange­lus & dia­bo­lus : anges, diables et démons dans l’art chré­tien occi­den­tal / sous la direc­tion de Rolf Toman ; avec la col­la­bo­ra­tion de Bru­no Boer­ner, Johann Ev. Haf­ner, Tho­mas Rus­ter ; pho­to­gra­phies d’Achim Bed­norz ; concep­tion de Tho­mas Paf­fen. – Paris : Cita­delles & Maze­nod, 2015. – 807 p.

Les ouvrages diri­gés par Rolf Toman, dont le célèbre et tout aus­si monu­men­tal Ars sacra : l’art chré­tien de l’Antiquité tar­dive à nos jours (H. F. Ull­mann, 2010), sont faci­le­ment recon­nais­sables et par­tagent les mêmes qua­li­tés et les mêmes fai­blesses (ou du moins partis‐pris) : une maquette sobre, mais soi­gnée ; de très nom­breuses illus­tra­tions par­ti­cu­liè­re­ment mises à l’honneur et de grande qua­li­té ; un texte agréable à lire et aidant à la com­pré­hen­sion des œuvres artis­tiques sélec­tion­nées, mais géné­ra­le­ment insuf­fi­sam­ment struc­tu­ré et ne répon­dant pas aux normes d’une publi­ca­tion véri­ta­ble­ment scien­ti­fique. Si l’on trouve en effet, dans ses ouvrages, un index des noms de per­sonnes et de lieux (et même un glos­saire dans le cas de l’Ars sacra), nulle trace d’une quel­conque biblio­gra­phie ni, à de très rares excep­tions près (aux pages 789 et 796 de l’Ange­lus & dia­bo­lus), de notes infra­pa­gi­nales ou de réfé­rences pré­cises pour les textes cités. Il convient donc de ne pas s’abuser sur leur posi­tion­ne­ment édi­to­rial. Alors que ses pré­cé­dents ouvrages ont été publiés, en tra­duc­tion fran­çaise, chez Köne­mann, puis chez H. F. Ull­mann, sans oublier quelques volumes aux Édi­tions Place des Vic­toires, son dernier‐né (Ange­lus & Dia­bo­lus : Engel, Teu­fel und Dämo­nen in der christ­li­chen Kunst des Abend­landes, H. F. Ull­mann, 2015) a eu cette fois l’honneur d’être publié, dans la langue de Vol­taire, chez Cita­delles & Maze­nod. Alliant à une ico­no­gra­phie par­faite une qua­li­té scien­ti­fique mal­heu­reu­se­ment variable selon les volumes — ayant même atteint une fai­blesse abys­sale avec L’Odyssée du Para­dis dans la pein­ture fla­mande de Flo­rence de Vol­dère —, cet édi­teur nous offre donc ici un objet à ce point impo­sant (28 × 43 cm !) que celui‐ci semble davan­tage conçu pour la contem­pla­tion et l’exposition que pour la lec­ture. À tra­vers prin­ci­pa­le­ment l’enluminure et la pein­ture, mais éga­le­ment la mosaïque, la sculp­ture ou encore le vitrail, ce livre étu­die l’évolution des repré­sen­ta­tions artis­tiques des anges, diables et démons de l’Antiquité à nos jours, étant bien enten­du que toutes les périodes cou­vertes ne sont pas concer­nées avec la même inten­si­té par cette thé­ma­tique. C’est pré­ci­sé­ment cette volon­té de retra­cer une telle évo­lu­tion qui élar­git consi­dé­ra­ble­ment le lec­to­rat de cet ouvrage au‐delà des seuls his­to­riens de l’art et de l’art chré­tien en par­ti­cu­lier, car à tra­vers cette évo­lu­tion, c’est aus­si celle de la culture et des men­ta­li­tés col­lec­tives qui, en fili­grane, se donne à voir au fil de ce cor­pus ico­no­gra­phique pour le moins impressionnant.