Livre ana­ly­sé

Réfé­rences

Stof­fel (Jean‐François), Compte ren­du de L. Cour­tois & M. Jacov, « Les débuts de l’Institut supé­rieur de phi­lo­so­phie (Lou­vain) à tra­vers la cor­res­pon­dance de Dési­ré Mer­cier avec le Saint‐Siège (1887−1904)», in Stu­dium : revue d’histoire des sciences et des uni­ver­si­tés, vol. 7, 2014, n°4, p. 262.

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Luc Courtois – Miloš Jačov

Les débuts de l’Institut supérieur de philosophie (Louvain) à travers la correspondance de Désiré Mercier avec le Saint‐Siège (1887−1904)

Cour­tois (Luc) – Jačov (Miloš), Les débuts de l’Institut supé­rieur de phi­lo­so­phie (Lou­vain) à tra­vers la cor­res­pon­dance de Dési­ré Mer­cier avec le Saint‐Siège (1887−1904). – Turn­hout : Bre­pols ; Louvain‐la‐Neuve : Col­lège Érasme ; Leu­ven : Mau­rits Sab­be­bi­blio­theek, 2013. – vi + 132 pp. – (Biblio­thèque de la Revue d’histoire ecclé­sias­tique ; 96). ISBN : 978−2−503−54811−1, 35,00 €.

Conçue comme un hom­mage post­hume au cha­noine Roger Aubert qui consa­cra une tren­taine de publi­ca­tions au « grand car­di­nal », cette édi­tion anno­tée des 56 lettres conser­vées aux Archives de la Secré­tai­re­rie d’État du Vati­can dans un dos­sier qui, jusqu’ici, avait échap­pé à la saga­ci­té des cher­cheurs, éclaire la dif­fi­cile fon­da­tion, en 1889, de l’Institut supé­rieur de phi­lo­so­phie (ISP) de l’Université catho­lique de Lou­vain par Dési­ré Mer­cier, cette figure emblé­ma­tique du cou­rant néo‐scolastique pro­gres­siste. D’une lec­ture sou­vent savou­reuse, elle per­met de mieux prendre conscience, avec le déta­che­ment que confère le recul his­to­rique, des dif­fi­cul­tés ren­con­trées en interne — l’inertie ini­tiale des évêques belges ; « l’opposition sourde » du rec­teur Abbe­loos qui voit d’un mau­vais œil l’autonomie dont jouit le nou­vel Ins­ti­tut ; le peu d’intérêt mar­qué pour la phi­lo­so­phie alors que « l’école de bras­se­rie et de lai­te­rie » retient, elle, toute l’attention… — et en externe — la ten­ta­tive romaine d’imposition du latin, et non du fran­çais, comme langue d’enseignement contre laquelle Mer­cier résis­ta farou­che­ment pour ne pas perdre les étu­diants laïques —, ain­si que toutes ces petites consi­dé­ra­tions humaines qui accom­pagnent inévi­ta­ble­ment la réa­li­sa­tion d’un grand pro­jet — l’embarras des voyages à Rome dont on revient les mains vides et qui sont inter­pré­tés comme autant de désa­veux ; la méfiance des évêques envers les Jésuites, dont le R.P. L. De San fait les frais ; les titres de « Comte romain » qu’on « achète » en finan­çant une chaire du nou­vel Ins­ti­tut… Au‐delà des spé­cia­listes de l’histoire de l’ISP et de la figure de Mer­cier (dont il est main­te­nant éta­bli qu’il n’hésita pas à recou­rir régu­liè­re­ment à Léon XIII), cette publi­ca­tion est éga­le­ment sus­cep­tible d’intéresser les his­to­riens de la vie intel­lec­tuelle belge de cette époque : on y découvre notam­ment toute l’estime de D. Mer­cier pour le mathé­ma­ti­cien Paul Man­sion, pré­sen­té comme un lec­teur assi­du de la Somme de l’Aquinate et de la Phy­sique d’Aristote, auquel il son­geait de confier les cours de sciences du monde inor­ga­nique et, à l’inverse, les dif­fi­cul­tés impré­vues et pour le moins impor­tantes ren­con­trées par le fon­da­teur avec l’abbé Hen­ri de Dor­lo­dot (qu’on a pu redé­cou­vrir, en 2009, grâce à D. Lam­bert et à M.-Cl. Groessens‐Van Dyck). Après l’histoire, tou­jours clas­sique, de l’ISP par L. De Raey­mae­ker (1952), le recueil des publi­ca­tions de R. Aubert sur D. Mer­cier (1994), la mono­gra­phie de D. A. Boi­leau (1996) et le récent inven­taire des archives de l’ISP par Fr. Mir­guet et Fr. Hiraux (2008), voi­ci donc une nou­velle pièce à ver­ser au dos­sier, non sans avoir au préa­lable remer­cié L. Cour­tois et M. Jačov pour la qua­li­té de leur travail.