Livre analysé
Références
Stoffel (Jean‐François), Compte rendu de M. Panza & J.-Cl. Pont (éd.), « Les savants et l’épistémologie vers la fin du XIXe siècle », in Archives internationales d’histoire des sciences, vol. 47, 1997, n°139bis, pp. 45 – 46.
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Sous la direction de Marco Panza et Jean‐Claude Pont
Les savants et l’épistémologie vers la fin du XIXe siècle
Les savants et l’épistémologie vers la fin du XIXe siècle / sous la direction de Marco Panza et Jean‐Claude Pont. – Paris : Librairie Scientifique et Technique Albert Blanchard, 1995. – 282 p. – (Bibliothèque scientifique Albert Blanchard).
Le présent volume, comme son titre ne l’indique pas, constitue les actes du colloque, de même titre, qui, organisé par l’unité « Histoire et philosophie des sciences » de l’Université de Genève, s’est tenu dans cette ville du 6 au 8 mai 1993. Dans l’ensemble, les communications se rattachent assez bien au thème choisi : l’étude de la réflexion épistémologique d’envergure qui résulta du besoin, ressenti par les scientifiques eux‐mêmes, d’un examen systématique des fondements de leurs différentes disciplines. Si une telle remise en question n’est pas propre à la fin du XIXe siècle, celle que connut cette époque se démarque assurément par son extension et sa profondeur, d’où l’intérêt évident de ce volume, qui se distingue encore par la richesse et la diversité de son contenu : les mathématiques bien sûr, et la physique ou la philosophie, mais aussi la sociologie, la chimie, la biologie, la physiologie et même l’histoire !
La nécessaire brièveté de ce compte rendu ne nous permettra que d’énoncer les titres des communications publiées et d’y adjoindre un résumé ou un commentaire forcément simplistes et réducteurs : L. Freuler, Les tendances majeures de la philosophie autour de 1900 (un panorama suggestif) ; G. G. Granger, Idéal et pratique d’une science sociologique selon Durkheim (1858−1917) (l’épistémologie au secours de la détermination de l’objet de la science sociale) ; J.-M. Salanskis, Husserl, Weyl : le philosophe‐savant peut‐il être épistémologue ? (bien pensé et clairement présenté) ; M. Panza, L’intuition et l’évidence. La philosophie kantienne et les géométries non euclidiennes : relecture d’une discussion (remarquable) ; M. Otte, La philosophie des mathématiques de Charles S. Peirce (1839−1914) (Peirce et Kant) ; J.-Cl. Pont, Aux sources du conventionnalisme (au point de vue purement formel, cet article sent encore un peu le « fichier de lecture » !) ; J.-Cl. Martzloff, Contexte historique et image des mathématiques et de l’astronomie en Chine au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle (un historique non dépourvu d’enseignements) ; E. Scheibe, L’origine du réalisme scientifique : Boltzmann, Planck, Einstein (un titre sans surprise pour un sujet célèbre) ; P. Brouzeng, L’épistémologie de l’œuvre scientifique de Pierre Duhem replacée dans le contexte du débat énergétisme‐mécanisme (bonne introduction) ; M. Charpentier‐Morize, Les chimistes français du début du XXe siècle face à leur science (en réalité, essentiellement sur Berthelot, J. Perrin, et la querelle de la théorie atomique) ; A. Petit, Positivisme, biologie, médecine : Comte, Littré, Robin (fouillé et intéressant) ; J.-L. Fischer, Émile Guyénot (1885−1963) : connaissances biologiques et théorie de la vie (l’évolution de sa pensée et rôle de son œuvre historique ; conclusion intéressante, mais peut‐être pas assez soutenue) ; Ch. Charles, La notion de science en histoire d’après l’œuvre de Seignobos (de prime abord, un peu surprenant dans un tel ouvrage, mais en réalité parfaitement intégré) ; Ch. Bange, Le rôle des faits expérimentaux et des concepts dans l’élaboration de la connaissance scientifique, selon le physiologiste Eugène Gley (1857−1930) (sa philosophie de la science et sa conception de l’histoire) ; R. Rey, Preuve et explication en physiologie : Brown‐Séquard et l’étude du système nerveux (la nécessaire adaptation de la méthode bernardienne).
L’avant-propos étant muet à cet égard, prévenons le futur lecteur que cet ouvrage ne semble pas comporter l’ensemble des communications qui furent présentées au colloque : nulle trace des exposés de H. Sinaceur, J. Dhombres, G. Israel, G. Giorello, M. Buscaglia, M. Adams, J. J. Dreifuss ou de P. Acot, pourtant annoncées dans le programme initial. Les « coquilles » sont rares et la composition typographique est correcte, sans plus. En revanche, les lecteurs apprécieront la présence d’un index onomastique, fait suffisamment rare dans les publications francophones que pour être signalé.
La nécessaire brièveté de ce compte rendu ne nous permettra que d’énoncer les titres des communications publiées et d’y adjoindre un résumé ou un commentaire forcément simplistes et réducteurs : L. Freuler, Les tendances majeures de la philosophie autour de 1900 (un panorama suggestif) ; G. G. Granger, Idéal et pratique d’une science sociologique selon Durkheim (1858−1917) (l’épistémologie au secours de la détermination de l’objet de la science sociale) ; J.-M. Salanskis, Husserl, Weyl : le philosophe‐savant peut‐il être épistémologue ? (bien pensé et clairement présenté) ; M. Panza, L’intuition et l’évidence. La philosophie kantienne et les géométries non euclidiennes : relecture d’une discussion (remarquable) ; M. Otte, La philosophie des mathématiques de Charles S. Peirce (1839−1914) (Peirce et Kant) ; J.-Cl. Pont, Aux sources du conventionnalisme (au point de vue purement formel, cet article sent encore un peu le « fichier de lecture » !) ; J.-Cl. Martzloff, Contexte historique et image des mathématiques et de l’astronomie en Chine au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle (un historique non dépourvu d’enseignements) ; E. Scheibe, L’origine du réalisme scientifique : Boltzmann, Planck, Einstein (un titre sans surprise pour un sujet célèbre) ; P. Brouzeng, L’épistémologie de l’œuvre scientifique de Pierre Duhem replacée dans le contexte du débat énergétisme‐mécanisme (bonne introduction) ; M. Charpentier‐Morize, Les chimistes français du début du XXe siècle face à leur science (en réalité, essentiellement sur Berthelot, J. Perrin, et la querelle de la théorie atomique) ; A. Petit, Positivisme, biologie, médecine : Comte, Littré, Robin (fouillé et intéressant) ; J.-L. Fischer, Émile Guyénot (1885−1963) : connaissances biologiques et théorie de la vie (l’évolution de sa pensée et rôle de son œuvre historique ; conclusion intéressante, mais peut‐être pas assez soutenue) ; Ch. Charles, La notion de science en histoire d’après l’œuvre de Seignobos (de prime abord, un peu surprenant dans un tel ouvrage, mais en réalité parfaitement intégré) ; Ch. Bange, Le rôle des faits expérimentaux et des concepts dans l’élaboration de la connaissance scientifique, selon le physiologiste Eugène Gley (1857−1930) (sa philosophie de la science et sa conception de l’histoire) ; R. Rey, Preuve et explication en physiologie : Brown‐Séquard et l’étude du système nerveux (la nécessaire adaptation de la méthode bernardienne).
L’avant-propos étant muet à cet égard, prévenons le futur lecteur que cet ouvrage ne semble pas comporter l’ensemble des communications qui furent présentées au colloque : nulle trace des exposés de H. Sinaceur, J. Dhombres, G. Israel, G. Giorello, M. Buscaglia, M. Adams, J. J. Dreifuss ou de P. Acot, pourtant annoncées dans le programme initial. Les « coquilles » sont rares et la composition typographique est correcte, sans plus. En revanche, les lecteurs apprécieront la présence d’un index onomastique, fait suffisamment rare dans les publications francophones que pour être signalé.
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