Livre analysé
Références
Stoffel (Jean‐François), Compte rendu de M. Feingold (édit.), « Jesuit Science and the Republic of Letters », in Revue d’histoire ecclésiastique, vol. 109, 2014, n°3 – 4, pp. 1185 – 1186.
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Edited by Mordechai Feingold
Jesuit Science and the Republic of Letters
Jesuit Science and the Republic of Letters / edited by Mordechai Feingold. – Cambridge (Mass.) ; London (Engl.) : The Massachusetts Institute of Technology Press, 2003. – xi, 483 p.
De concert avec The new science and Jesuit science : seventeenth century perspectives (2003), également publié par Mordechai Feingold, le présent volume poursuit sans relâche le regain d’intérêt pour la science jésuite. Il comporte onze communications : Jesuits : Savants (Mordechai Feingold), The Academy of Mathematics of the Collegio Romano from 1553 to 1612 (Ugo Baldini), Galileo’s Jesuit Connections and their Influence on his Science (William A. Wallace), The Partial Transformation of Medieval Cosmology by Jesuits in the XVIth and XVIIth centuries (Edward Grant), Descartes and the Jesuits : Doubt, Novelty, and the Eucharist (Rogier Ariew), Giovanni Battista Riccioli and the Science of his Time (Alfredo Dinis), Scientific Spectacle in Baroque Rome : Athanasius Kircher and the Roman College Museum (Paula Findlen), Pious ambition : Natural Philosophy and the Jesuit Quest for the Patronage of Printed Books in the XVIIth century (Martha Baldwin), Tradition and Scientific Change in Early Modern Spain : The Role of the Jesuits (Víctor Navarro), Jesuit Science in the Spanish Netherlands (G. H. W. Vanpaemel) et The « Storia letteraria d’Italia » and the Rehabilitation of Jesuit Science (Berenda Dooley). Les critères pour évaluer un tel ouvrage sont évidemment multiples. Du point de vue de l’originalité des contributions, plusieurs d’entre elles (Baldini, Wallace, Grant) reprennent ou rassemblent des documents publiés antérieurement, en présentant parfois l’intérêt de les mettre à la disposition des lecteurs anglophones (Baldini). Quant à la thématique générale retenue, le volume se démarque de ceux qui, plus traditionnellement, étudient la rhétorique, l’idéologie et la politique du projet éducatif jésuite en se consacrant à leur apport scientifique. Du point de vue des thèmes spécifiquement abordés, on peut différencier les articles qui examinent les Jésuites à travers le prisme d’un personnage ou d’une problématique particulière (Galilée pour Wallace, Descartes pour Ariew, la nouvelle cosmologie pour Grant) de ceux qui étudient les Jésuites pour eux‐mêmes dans ce qu’ils ont cherché à réaliser (l’Académie de mathématiques du Collège romain pour Baldini ou le musée de Kircher pour Findlen), sans exclure l’entrecroisement de ces deux perspectives (l’inclassable, selon les catégories actuelles, Riccioli pour Dinis). Si on prend pour critères les limites géographiques et chronologiques, on sera satisfait de constater, d’une part, la présence de contributions qui contrebalancent la traditionnelle prégnance de l’Italie et de la Ville éternelle (les Pays‐Bas espagnols pour Vanpaemel et l’Espagne pour Navarro) et, d’autre part, un intérêt, certes quantitativement limité, pour ce XVIIIe siècle habituellement négligé au profit du siècle précédent (la revue publiée entre 1750 et 1758 pour Dooley). Enfin, si on retient comme critère le caractère plus ou moins établi des propositions avancées, c’est assurément la contribution provocatrice de Feingold sur la question de l’identité et de la responsabilité des auteurs jésuites qui appelle le plus de réserves : si les savants jésuites ont été incapables d’affronter les ténors de la science moderne, la « faute » en incombe‐t‐elle nécessairement et exclusivement à leur hiérarchie ? Sur base de la documentation actuelle, est‐il permis d’avancer que les activités et les aspirations des savants jésuites étaient à ce point identiques à celles des autres savants de l’époque (laïques ou ordonnés) qu’on ne saurait distinguer les uns des autres ? Les savants jésuites ne devraient‐ils donc plus être considérés comme des jésuites ? Quoi qu’il en soit des critères adoptés et de la pondération relative qu’on leur accorde, cet ouvrage, en témoignant que l’activité intellectuelle multifacette de l’ordre jésuite ne saurait être cantonnée au discours proprement religieux, est tout à fait digne d’intérêt.
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